précédemment, mais j'engagerai cependant notre ménagère à ne pas faire usage de linge très fin : on l'emploie plutôt par vanité que par besoin, et la vanité est un sentiment encore plus déplacé à la campagne qu'à la ville. Lorsqu'on se décide à habiter les champs, on ne doit rien faire sans un but d'utilité.

1. — Draps de lit.

Les draps de maître doivent être amples et longs; un lit n'est bien fait que lorsque les draps bordent facilement partout. Il n'est cependant pas nécessaire qu'ils retournent jusqu'aux pieds du lit, comme je l'ai vu presque partout à Paris; il suffit, lorsqu'ils sont convenablement bordés aux pieds du lit, qu'ils reviennent jusqu'aux deux tiers environ au-dessus. On aura des draps qui rempliront parfaitement ces conditions en mettant par paire 16 à 17 mètres de toile, ayant 1 mètre 20 de largeur. Cette dimension convient à un lit de 1 mètre 33 centimètres de largeur, et même un peu plus. Pour un lit plus étroit, on peut employer de la toile n'ayant que 90 centimètres de largeur, en conservant la même longueur. Cependant si les lits sont destinés à des jeunes gens, 14 mètres de toile suffiront grandement.

On fait du calicot exprès pour draps; il est fort et dure beaucoup, et son prix est d'un bon tiers moins élevé que celui de la toile. Ces draps sont très agréables l'hiver, mais il faudrait bien se garder d'employer à cet usage du calicot qui n'aurait pas les qualités de celui fabriqué pour draps; outre qu'il durerait peu, il serait toujours chiffonné, ce qui rendrait son usage assez désagréable.

Il y a encore une espèce de toile de coton très forte et qui, ordinairement, se vend écrue, mais qui blanchit assez promptement à la lessive. Cette toile peut faire de très bons draps pour les enfants et les jeunes gens; il y en a de deux largeurs : l'une a 1 mètre 10 centimètres de largeur, l'autre 80 centimètres. Cette toile, faite avec du coton un peu commun, est par conséquent un peu grossière; son tissu n'est pas très uni, et même il s'y trouve de petits bourras; néan-