ce soin, il faudra garnir la plate-forme de quelques planches qui remplissent le vide entre les rebords du cuvier; sans quoi, on courrait risque de le voir se défoncer par le poids du linge et de l'eau qu'il supporte.

La chaudière, ainsi montée, sera employée à une infinité d'autres usages dont je parlerai plus tard, et pour lesquels il n'est pas moins nécessaire qu'elle soit bien organisée. Elle peut être en cuivre ou en fonte, mais il faut qu'elle ait un rebord aplati de 8 à 10 centimètres de largeur environ, qu'on encastre dans le bâtis du fourneau et qui sert à la soutenir. La chaudière doit être mobile, et pouvoir s'enlever facilement de dessus le fourneau pour la nettoyer. Une chaudière en fonte sans rebord serait fort difficile à retirer du bâtis, parce qu'il n'y aurait aucun moyen de la saisir, et d'ailleurs le rebord est indispensable pour les autres usages auxquels je la destine. Les cuviers peuvent être en bois de sapin, ou en terre cuite comme c'est l'usage dans une grande partie du Poitou, et même en pierre de taille. Lorsqu'ils sont en bois, il faut avoir le soin, lorsque la lessive est finie, de les serrer dans un lieu assez frais pour que les cercles ne tombent pas. La veille du jour où l'on doit préparer la lessive, il faut faire sortir les cuviers, les mettre sens dessus dessous, et couvrir d'eau le fond, et même rebattre un peu les cercles s'ils paraissent s'être dérangés. Il est préférable qu'un cuvier soit cerclé en fer plutôt qu'en bois, mais il lui faut au moins deux cercles de fer. Ceux en terre ou en pierre ne demandent d'autres soins que ceux de propreté. Il est plus convenable d'avoir un grand et un petit cuvier que deux de même contenance.

La lessive doit couler pendant douze heures au moins si elle contient du linge de table, de lit et des torchons; cinq à six heures suffisent pour du linge fin de corps. On doit ranger le linge dans le cuvier la veille au soir, et on le mouille à mesure; puis on bouche le conduit, afin que le linge trempe bien. Avant de couler la lessive, il faut mouiller la cendre, puis la recouvrir avec le linge destiné à la recevoir. On doit chauffer très peu en commençant, et n'augmente le feu que