savonnées, puis le reste de la pièce, en y ajoutant un peu de savon; on frotte de nouveau en mettant la pièce de linge sur une planche bien polie, placée dans le baquet et qui se trouve inclinée dans sa longueur vis-à-vis la personne qui savonne. C'est du plus ou moins de soin et de perfection avec lesquels ce décrassage est exécuté, que dépend la blancheur du linge, mais je dois faire observer que, lorsque le linge a trempé 15 à 20 heures, il se lave avec la plus grande facilité. Néanmoins notre ménagère fera bien de visiter de temps à autre le linge pendant qu'on le savonne, à moins qu'elle n'ait une laveuse assez intel igente et assez zélée pour bien faire sa besogne sans surveillance, ce qui est assez rare.

Quelques personnes sont dans l'usage d'ajouter à l'eau, dans laquelle on lave le linge après le bouillage, une certaine quantité d'eau de javelle qui contribue à donner de l'éclat à la blancheur du linge. Cette méthode ne serait pas mauvaise si on l'employait de temps à autre seulement et avec discernement; mais il faudrait qu'on laissât le linge entièrement plongé dans l'eau mêlée d'eau de javelle, et qu'on rinçât avec le plus grand soin chaque pièce à mesure qu'elle serait frottée dans la préparation; sans ces soins, le linge exposé au contact de l'air pourrait être brûlé par l'eau de javelle qui contient un mordant fort actif. Car c'est surtout l'action de l'air qui rend l'eau de javelle dangereuse. J'engage donc notre ménagère à n'user de ce moyen qu'avec beaucoup de réserve, et si elle l'emploie, elle ne mettra qu'un demi-litre d'eau de javelle dans un baquet contenant 40 à 50 litres d'eau. Elle fera ce mélange avant de mettre le linge dans l'eau.

Pour faciliter le travail du savonnage, on place le baquet sur deux chaises. La laveuse se met debout devant le baquet et se trouve ainsi placée fort commodément pour frotter avec force et vitesse.

Avant de terminer le décrassage du linge, on met sur le feu le chaudron à moitié plein d'eau propre. Lorsqu'elle est prête à bouillir, on y jette de petites tranches de savon coupées très minces et en quantité suffisante pour faire une bonne eau 'savonneuse, qu'on but avec une cuiller ou une