seiller à la Cour d'appel de Poitiers, administrateur des hôpitaux. L'ouvrage a pour titre Traite pratique du lessivage du linge à la vapeur d'eau Il paraît que cette méthode est fort bonne, décrasse le linge sans l'user, et à moins de frais que le lessivage ordinaire; je ne l'ai pas employée; elle est peu dispendieuse à établir, et pourrait l'être avec avantage dans une maison particulière d'une certaine importance.

Il y a plusieurs manières de préparer la lessive à la cendre. Dans certaines localités, on met la cendre au fond du cuvier, et on élève le linge très haut au-dessus de ses bords, en le contenant avec des draps qu'on roule autour; dans d'autres, on met tout le linge dans le cuvier et la cendre par-dessus; on en met même deux couches, dont une est placée au centre du cuvier au milieu du linge, et l'autre en dessus.

Dans le premier procédé, la cendre ne reçoit l'eau que lorsqu'elle a passé à travers tout le linge, et on coule bien longtemps la lessive avant que la cendre reçoive de l'eau assez chaude pour qu'elle puisse dissoudre les sels mordants qu'elle contient. Cette manière de couler la lessive exige beaucoup plus de cendre et de temps, pour en obtenir un bon résultat, que le procédé qui consiste à placer la cendre au-dessus du cuvier; elle pourrait convenir à du linge de corps très fin et peu sale, parce qu'en agissant ainsi on ne court pas le risque de voir le linge taché par la cendre, mais il ne saurait convenir à du linge gros et sale. En mettant la cendre àu haut du cuvier, on obtient une lessive beaucoup plus forte, avec moins de cendre, de feu et de temps, en dépit de ce qu'en peuvent dire les femmes habituées à une autre manière. Si on n'avait que du linge fin à blanchir, on mettrait beaucoup moins de cendre qu'il n'en faudrait pour une lessive ordinaire, et on obtiendrait de même, et à moins de frais, la lessive douce qui lui convient.

Il est absolument nécessaire de passer la cendre dans un crible fin, ou dans un gros tamis, avant de l'employer à la lessive. D'abord, on enlève le charbon dont elle est toujours remplie, qui est inutile et peut tromper sur la quantité de cendre, parce qu'on ne connaît pas à la vue la proportion