ter toute la nuit. Le linge ne conserve de lessive que ce qui est nécessaire pour le lavage.

Avant de finir de couler la lessive, on peut apporter quelques ustensiles de la maison pour les nettoyer, comme l'argenterie, les cafetières, différents vases de terre ou de ferblanc, j'entends ceux qui ne peuvent donner aucune mauvaise odeur au linge. On les place sur la lessive ou dans la chaudière, et on les y laisse quelque temps, puis on les frotte avec un petit balai ou une brosse de chiendent. Ce moyen de nettoyage est parfait et facile. Enfin, si on avait quelques pièces de linge à ajouter à la lessive, ou du linge de couleur qui ne déteindrait pas en y restant quelque temps, on les mettrait sur la chaude, c'est-à-dire que, lorsque la lessive serait bien chaude, on les placerait sur la toile renfermant la cendre, où ils pourraient rester une couple d'heures; ils seraient parfaitement nettoyés. Le linge de couleur doit être lavé immédiatement, car si on le laissait imbibé de lessive jusqu'au lendemain, la couleur, telle bonne qu'elle soit, en souffrirait certainement.

Lorsqu'on a des torchons très sales qu'on n'a pas voulu, par ce motif, comprendre dans la lessive, on les met dans la chaudière lorsqu'on cesse de couler, et on les y laisse jusqu'au lendemain. La chaleur du fourneau suffit pour entre-tenir l'eau de lessive à une température convenable pendant toute la nuit.

Le lendemain matin, de bonne heure, il faut procéder au découvage pour transporter le linge dans l'endroit où il doit être lavé. Pour le transporter et lui conserver sa chaleur et son humidité, ce qui convient le mieux ce sont des sacs dans lesquels on l'entasse, et dont on ne le retire qu'au fur et à mesure qu'on le lave. On peut également le rapporter à la maison dans ces sacs, si on ne le fait pas sécher dans le lieu même où il a été lavé.

Si la lessive a été bonne, ce qu'on peut présager lorsque la chaudière se couvre d'écume mousseuse vers la fin du coulage, il faudra bien peu de savon pour laver le linge; cependant il sera nécessaire d'en employer de nouveau une petite