sonnes pensent qu'il ne faut appeler un médecin que dans un cas de maladie grave, et qu'il est fort difficile d'apprécier; d'autres, au contraire, l'appellent pour la plus légère indisposition, et ne veulent jamais abandonner la guérison à la nature et au temps. En tous cas, il vaut infiniment mieux avoir recours inutilement au médecin que de s'exposer aux accidents qui pourraient résulter d'une négligence irréparable.

A la campagne, en général, et surtout chez les paysans, on appelle presque toujours le médecin trop tard par motif d'économie plutôt que par défaut de confiance. C'est alors que, par ses conseils et ses secours, une personne éclairée et prudente peut rendre de grands services, soit en engageant les malades qui ne sont point dans l'indigence à appeler à propos le médecin, soit en le faisant venir près de pauvres paysans que la misère obligeait à s'en passer. Il est impossible de faire une charité mieux entendue.

Soins à donner aux malades.— Une femme charitable se rendra aussi très utile en surveillant l'exécution du traitement ordonné par le médecin, et acquerra au chevet des malades une expérience souvent aussi profitable à elle-même qu'à sa famille. Sans doute les fonctions de garde-malade sont pénibles, mais envers les pauvres elles sont un devoir; envers nos semblables de toute condition, c'est un acte de dévouement qui porte avec lui une récompense que l'on n'apprécie bien qu'après l'avoir goûtée.

Nécessité de soutenir le moral des malades. — Il faut s'armer de tout le courage qui doit distinguer une maîtresse de maison, et surtout une mère de famille, pour soutenir ou remonter le moral des malades auxquels on donne des soins. Dans un grand nombre d'affections, le moral a la plus grande influence sur la santé, et la faiblesse de la plupart des personnes qui entourent les malades contribue à les décourager et à les abattre.

Exécution des prescriptions. — Je ne puis trop recommander de suivre avec une exactitude ponctuelle les prescriptions du médecin, sans se laisser influencer ni par les avis des matrones de l'entourage, ni par des opinions personnelles. Trop souvent on n'exécute pas du tout ou on exécute fort mal les prescriptions, parce qu'on croit que le médecin exagère certaines exigences, et, ce qui est encore plus dangereux, on lui cache ces infractions à ses ordonnances, sans considérer qu'il peut en résulter les erreurs les plus funestes. La diète surtout est un point sur lequel on ne se résigne que bien rarement à suivre l'ordonnance,