CHAPITRE XIII.
MANIÈRE DE CONDUIRE ET DE SOIGNER UN CHEVAL EN ROUTE.
Comme il arrive très souvent qu'à la campagne une femme est dans l'obligation de conduire elle-même un cheval, je crois utile de lui donner quelques instructions à cet égard, ayant moi-même expérimenté combien ce petit savoir peut éviter d'accidents et faciliter une route, et j'ose croire même que quelques hommes ne seront pas fâchés de connaître ces détails, tout simples qu'ils sont, car il en est beaucoup qui n'ont pas eu l'occasion de faire cette petite étude. Il convient aussi de connaître tout ce qui se rattache à la manière d'atteler un cheval, ce qui peut varier selon la forme du harnais et de la voiture. Il importe aussi de pouvoir s'assurer, avant de se mettre en route, que le cheval est convenablement attelé, s'il ne l'a pas été par une personne habituée à le faire. Beaucoup d'accidents sont dus à ce défaut de prévoyance.
Lorsqu'on veut faire voyager un cheval qui n'a pas l'habitude des grandes courses, on doit, avant le départ, doubler la ration d'avoine qu'il reçoit habituellement, sans augmenter celle de foin, qu'on devra plutôt diminuer. Lorsqu'on arrive, soit au but que l'on veut atteindre, soit au lieu où l'on doit prendre du repos, il faut, aussitôt que le cheval est à l'écurie et qu'on l'a débarrassé de son harnais, s'il a chaud, lui bouchonner fortement le corps et les jambes avec un bon bouchon de paille. Si même la chaleur était très grande, si le temps était mou, si la course a été très longue, il conviendrait de lui frotter les jambes avec un peu d'eau-de-vie ou de vinaigre, puis de le couvrir avec une couverture sous laquelle on met un peu de paille, afin que la sueur dont il est trempé puisse sécher; après ce pansement, ou même un peu avant de le terminer, il faudrait lui donner deux litres d'avoine, et, après quelques instants de repos, lui donner une petite ration de foin: 2k,500 sont ordinairement suffisants. S'il paraît avoir soif, ce dont on s'aperçoit lorsqu'il cesse de mange,, on le fait boire avant qu'il ait fini son foin; lorsqu'il l'a fini, on lui donne encore deux ou trois litres d'avoine, selon la force ou l'habitude de la bête.