CHAPITRE V.

ÉCLAIRAGE DE LA FERME.

L'éclairage est une faible dépense dans une ferme. Dans cer-

taines contrées, les gens de la campagne s'éclairent avec de la

chandelle, dans d'autres avec des torches de résine ou avec des

lampes en étain dans lesquelles on brûle de l'huile commune,

production du pays.

La résine est fumeuse et éclaire mal; je ne puis en conseiller l'usage.

La chandelle coule facilement en toutes saisons dans une chambre de ferme mal close, et dont on ouvre sans cesse la porte d'entrée. Elle coule plus facilement encore pendant les chaleurs de l'été, et il est difficile de la conserver. La lampe d'étain est bien préférable; elle est fort simple, et composée seulement d'un support en forme de chandelier, surmonté d'un petit globe garni d'un couvercle mobile percé de deux trous. Par l'un des trous on introduit la mèche de coton qui va tremper dans l'huile contenue dans le globe : l'autre trou sert à l'introduction de l'air et de l'huile. Le petit réservoir à l'huile peut être suspendu sur deux montants, sans y être fixé, de manière que quand on transporte la lampe, il conserve son aplomb, de telle sorte que l'huile ne peut être répandue, bien que la lampe soit tenue inclinée. Ces lampes consomment environ pour 1 centime d'huile par heure; elles sont d'un usage général dans l'ouest de la France; on y brûle l'huile des mauvaises noix. Elles coûtent 2 ou 3 francs, et peuvent durer longtemps. On fabrique d'ailleurs chaque jour des lampes nouvelles perfectionnées et à bas prix, qui peuvent être substituées à la lampe d'étain.

Les huiles de schiste, de pétrole, les essences, par suite de leur prix peu élevé et de la puissante lumière qu'elles produisent, ont pris une large place dans l'éclairage de la ferme : on construit maintenant des appareils qui permettent l'emploi sans danger de ces différentes huiles, mais il faut ne les employer que dans les appareils fixes et ne les manipuler que pendant le jour.

Si l'on a un grand nombre de domestiques, il est avantageux d'avoir une lampe à la luciline, qui, suspendue au plafond, peut