ou s'il ne prend pas pour sa prime de mouture une quantité de

grain plus grande que celle à laquelle il a droit.

On cherche à éviter ces inconvénients en payant en argent au lieu de payer en grain, en pesant le grain qu'on envoie au moulin et la farine que rend le meunier; mais ce contrôle est à peu près illusoire. Si le meunier est un malhonnête homme, il ajoute au poids de la farine par une foule de moyens que je me garderai bien de révéler ici. Cependant aujourd'hui il y a un assez grand nombre de meuniers qui ont monté des moulins perfectionnés et qui se contentent, grâce à la concurrence, du prix en argent qu'on leur donne pour la mouture.

Blutage. — Il faut que le moulin ait un bon blutoir : on évite ainsi les frais et la perte de temps qu'entraîne un blutage à la main.

Conservation de la farine. — La meilleure manière de conserver la farine est de la placer dans une chambre située au premier, très saine, carrelée, parfaitement close et où aucun animal ne puisse pénétrer; lorsqu'elle arrive du moulin on la vide sur le carreau même : là il est facile de la remuer et de l'aérer quand elle en a besoin. Si dans la maison on n'a pas une pièce qu'on puisse consacrer exclusivement à cet usage, on la conserve dans des barils peu profonds ou dans une caisse de bois. Barils et caisse doivent être placés dans une chambre bien aérée, à l'abri de l'humidité et de la chaleur, sur des madriers, pour que l'air puisse facilement circuler tout alentour. On colle du papier intérieurement sur tous les joints pour boucher toutes les fissures.

Voir Confection du pain, tome Ier.

CHAPITRE IV.

BOISSONS DES GENS DE LA FERME.

La boisson est un objet assez important dans une ferme pour mériter une attention particulière.

Dans certaines provinces de la France, les habitants des cam-

pagnes ne boivent guère autre chose que de l'eau, ce qui ne con-

vient pas à des gens qui travaillent beaucoup. Une boisson fer-

mentée quelconque, 'surtout pendant le temps des chaleurs, est