CHAPITRE VI.

MORSURES D'ANIMAUX ENRAGÉS OU VENIMEUX ET PIQURES D'INSECTES.

Morsures d'animaux enragés.

La rage (hydrophobie) est une affection produite par la morsure ou par le contact de la bave d'un animal enragé. Elle est caractérisée, mais seulement vers la fin de la maladie, par l'impossibilité d'avaler, surtout des liquides, par des frémissements convulsifs et des convulsions qui se manifestent sous forme d'attaques.

Lorsqu'une personne est mordue par un animal enragé ou qu'on soupçonne enragé, il faut à l'instant : 1º presser en tout sens la blessure, afin d'en faire sortir le sang et la bave; 2º la-ver cette blessure, soit avec de l'ammoniaque étendue d'eau, soit avec de l'eau de lessive ou de savon, de l'eau de chaux, de l'eau salée, et, à défaut, avec de l'eau; 3º faire chauffer à blanc un morceau de fer pour cautériser profondément la plaie. Il faut ensuite mettre le blessé à la diète, le laisser en repos et chercher à calmer sa frayeur. Dans tous les cas, et même après l'emploi de ces moyens, il faut appeler un médecin, qui seul peut décider si la cautérisation a été suffisante.

Il est inutile d'ajouter qu'il faut se garder avec le plus grand soin de tous les prétendus spécifiques infaillibles contre la rage qui sont préconisés dans les campagnes; toutes les fois, je le répète, qu'on a le moindre doute sur l'état sanitaire de l'animal qui a fait la morsure, il faut, sans hésiter, pratiquer une cauté-risation énergique, car la rage, une fois développée, détermine une mort prompte et certaine.

Il faut surtout bien se garder de tuer l'animal qui a mordu : il faut l'attacher ou l'enfermer, et s'assurer s'il continue à boire et à prendre de la nourriture; très souvent on tue des chiens qui ne sont nullement enragés, et, comme après la mort il est impossible de s'assurer d'une manière positive s'ils étaient atteints de la rage, la personne mordue vit dans une inquiétude affreuse, qui, souvent, n'a aucun fondement.