On veillera à ce que tous les outils de jardinage soient exactement rangés dans la cabane, où l'ordre et la propreté doivent régner comme dans le reste du ménage.

CHAPITRE IV.

CULTURE FORCÉE.

On entend par culture forcée les travaux qui ont pour but d'obtenir, par des moyens artificiels, la maturité prématurée des fruits et des légumes. Quoique la culture forcée soit à peu près exclue d'une exploitation agricole, néanmoins quelques-uns des outils qui servent cette culture sont actuellement si peu dispendieux, que je ne puis me dispenser d'en parler.

Il n'y a pas de jardinier qui ne sache, plus ou moins, diriger une couche et tirer parti d'une bâche, non pour forcer les pri-meurs, mais pour obtenir du plant des végétaux qui craignent le froid, et qui, comme les melons par exemple, s'ils n'ont pas été avancés sous la protection d'un châssis, n'arrivent à maturité qu'à une époque de l'année où ils ont perdu la plus grande partie de leur valeur; les melons sont évidemment plus agréables à manger pendant les fortes chaleurs de l'été que pendant les journées déjà froides de l'arrière-saison. Les cloches, châssis vitrés, appareils de chauffage, et tous les objets accessoires qui s'y rattachent, ont beaucoup diminué de valeur depuis quelques années; leur acquisition ne constitue pas une dépense excessive; c'est à la maîtresse de maison qu'il appartient de veiller à ce que cette dépense soit rendue plus légère, par des soins d'entretien qui donnent plus de durée à ces divers objets.

Couches.

On appelle couché un amas d'une certaine épaisseur de fu-

mier frais, pur ou plus ou moins mélangé de feuilles mortes et

disposé de manière à obtenir une fermentation qui produit de

la chaleur : on recouvre ce fumier d'un lit de terreau de 10 à

15 centimètres. Les couches ont pour objet d'activer la végéta-

tion, de préserver du froid les végétaux délicats, et de produire