CHAPITRE VI.

JARDIN POTAGER.

Je me suis efforcée de réunir ici ce qu'une maîtresse de maison doit savoir pour surveiller la tenue du jardin d'une modeste maison de campagne; si l'on veut avoir des notions plus étendues, on pourra recourir au Bon Jardinier, que mon livre n'a pas la prétention de remplacer.

Il est indispensable de songer à approvisionner le jardin des engrais qui sont nécessaires à sa culture. Il faut à l'automne et au printemps prévoir les quantités d'engrais qu'on devra employer et se les procurer à l'avance.

Le fumier d'étable doit presque toujours être consommé; on peut le remplacer très souvent et avec avantage par du guano du Pérou surtout pour les cultures vertes, c'est-à-dire celles qui ne doivent pas mûrir leurs graines.

Les fumiers frais qui sont employés pour les couches sont sortis des étables et des écuries seulement au moment de les employer. Les terreaux si nécessaires aux semis peuvent être le résultat des vieilles couches; des feuilles ou des plantes entassées dans une fosse passent à l'état de terreau pendant l'hiver; un hiver ne suffit pas toujours pour former un bon terreau, à moins qu'on ne mêle à ces détritus du fumier d'étable en fermentation.

On trouve dans les vieilles haies et dans les fossés qu'elles bordent d'excellente terre qui peut remplacer le terreau de fumier.

Nous donnerons en parlant de chaque légume quelques indications sur les insectes nuisibles et les moyens de les détruire; mais je veux tout de suite parler du grand ennemi du potager, la courtilière.

Courtilières. — Elles ravagent surtout les semis, les jeunes plants et les couches; elles ne les attaquent pas précisément, mais elles bouleversent le sol et coupent les racines qui font obstacle au percement de leurs galeries. Lorsque la terre est forte et qu'en bêchant on découvre un trou de courtilière, on y verse de l'eau mêlée d'huile : l'eau arrive vite au fond, l'insecte veut fuir l'inondation, traverse l'huile qui surnage, et meurt à l'instant; mais, dans les terres légères, l'eau et l'huile sont trop promptement absorbées pour pouvoir produire quelque effet.