ont été surnommées l'asperge du pauvre, parce qu'on peut les préparer comme les asperges.
Cerfeuil.
Cette plante est l'objet d'une assez grande consommation dans quelques départements; cependant elle n'est en général, comme le persil, qu'un simple assaisonnement. On a l'habitude, en Franche-Comté, de mettre dans la soupe grasse, au moment de la manger, une bonne poignée de cerfeuil haché.
Culture. — Pour avoir constamment du cerfeuil frais, il faut en semer presque tous les quinze jours en été. On choisit une place au midi pour les semis de printemps, au nord pour les semis d'été. Il faut couper le cerfeuil très souvent pour l'empêcher de monter, et arroser pendant les sécheresses.
Danger de confondre la ciguë et le cerfeuil. — Il est du devoir de la maîtresse de maison de veiller avec le plus grand soin à ce que tout le cerfeuil employé dans sa cuisine soit scrupuleusement vérifié. Une plante très dangereuse, la petite ciguë (Ætusa cyna-pium), malheureusement très commune, ressemble beaucoup au cerfeuil; elle en a exactement la forme et n'en diffère que par sa teinte d'un vert plus foncé; les extrémités de ses divisions sont aussi un peu plus pointues. Il est cependant assez facile de distinguer à l'odeur le cerfeuil de la ciguë : l'odeur du cerfeuil est balsamique et agréable, celle de la ciguë, au contraire, est nauséabonde. Une petite quantité de ciguë peut donner la mort.
Cresson de fontaine.
Il est inutile d'essayer cette culture, si l'on ne dispose d'un filet d'eau vive. Le cresson qu'on obtient dans des baquets à demi remplis de terre recouverte d'eau contracte toujours une odeur d'eau croupie, quelques soins qu'on prenne de changer fréquem- ment l'eau. Pour établir une cressonnière artificielle, il faut égaliser la surface du fond d'un fossé légèrement en pente, où l'eau entre par une extrémité et sort par l'autre; on y dispose, selon la largeur, une ou plusieurs lignes de boutures de cresson, qu'il n'est pas besoin d'enterrer. Après les avoir posées à plat sur le sol, on étend en travers, par-dessus leurs tiges, une latte, qu'on fixe à l'aide de petites fourches, et qui empêche l'eau de les déplacer; puis on introduit le courant d'eau. Au bout de