Lorsqu'une couche est trop infestée de courtilières, il faut la sacrifier : on la bat pour forcer les insectes à abandonner la partie supérieure de la couche; on enlève le terreau et le fumier; les courtilières se réfugient dans les retraites qu'elles se sont ménagées dans le sous-sol de la couche, et quelquefois on y découvre un grand nombre de trous dans lesquels on verse de l'eau et de l'huile. Mieux vaut bécher profondément et détruire avec soin toutes les courtilières que l'on découvre, petites et grosses, ainsi que les œufs.

Le procédé le plus efficace pour la destruction des courtilières est celui que pratiquent avec succès les jardiniers belges : quand une couche ou une plate-bande de jardin est infestée de courtilières, ils arrachent tous les végétaux dont elle est couverte, et l'arrosent, jusqu'à saturation, avec de l'urine de cheval ou de gros bétail, chauffée jusqu'à l'ébullition. Ce liquide fait périr non seulement les courtilières, mais encore les œufs, qui échappent aux autres procédés de destruction.

On peut aussi enterrer quelques petits tas de fumier chaud de place en place : les courtilières s'y retirent en automne, et aux premiers froids on les trouve engourdies. De grands pots ou de mauvaises cloches renversés et enterrés à 3 centimètres au-dessous du niveau du terrain, puis remplis à moitié d'eau, sont des pièges où viennent se noyer les courtilières, les rats et les mulots. Pour les courtilières, on remplace avantageusement les pots et les cloches par de petites auges en zinc, larges de 5 centimètres et profonds de 8.

Chou.

C'est le plus ancien de nos légumes; la culture en a produit de nombreuses variétés. J'indiquerai les plus avantageuses à cultiver. Lorsqu'on prend les choux dans la pépinière pour les transplanter, il faut exclure ceux qui n'ont pas de cœur, ce qui est très fréquent dans certaines années : ils ne peuvent pas former leur pomme. Les jardiniers les appellent borgnes.

Le guano du Pérou convient parfaitement pour fumer les choux; mais il ne faut pas qu'il soit en contact immédiat ni avec la racine ni avec la tige; pour éviter cet inconvénient on fait avec une binette une petite fosse dans la terre bien préparée à l'avance; on y plante le chou, sans la combler, puis on répand sur la terre avec la main autour de la tige du chou, sans qu'il y