Le traitement est le même que celui de l'empoisonnement par les narcotiques, si ce n'est que, le vomissement étant plus facile parce que le poison n'a pas sur l'estomac la même action stupéfiante ou narcotique, il suffit d'administrer 10 ou 15 centigrammes (2 à 3 grains) d'émétique, auxquels on fera bien d'ajouter 1 gramme (20 grains) d'ipécacuanha, le tout délayé dans un verre d'eau tiède.
Si le temps écoulé depuis que le poison a été avalé permet de
craindre qu'il ait atteint les intestins, on fait prendre en outre
30 grammes (1 once) de sulfate de soude (sel de Glauber); on
administre aussi en lavement le même sel, à la même dose.
Empoisonnement par les moules marines.
Soit par l'effet d'une altération morbide qu'elles subissent ou de substances vénéneuses dont elles se nourrissent, soit par la présence d'un insecte dans la moule, soit par prédisposition particulière de certains estomacs, les moules produisent parfois des accidents, qu'on calme dans certains cas en faisant boire au malade un demi-litre ou un litre d'eau acidulée avec du vinaigre, mais qui sont souvent assez graves pour qu'il soit nécessaire de recourir à des moyens plus énergiques. Dans ce cas, il faut :
1º Provoquer le vomissement au moyen de 10 centigrammes (2 grains) d'émétique dissous dans un verre d'eau, qu'on fait prendre en trois fois à cinq minutes d'intervalle;
2º Administrer une petite cuillerée d'éther sulfurique par quart de verre d'eau ou en faire respirer au malade; à défaut d'éther, on a recours à l'eau de Cologne, à l'eau de mélisse, à l'eau-de-vie;
3º Après la cessation des accidents, on calme le malade avec quelques tasses d'infusion de feuilles d'oranger préparée comme le thé.
CHAPITRE VIII.
SOINS A DONNER AUX ASPHYXIÉS.
L'asphyxie est un état de mort apparente et imminente causé par la suspension de la respiration.