L'expérience a démontré qu'après plusieurs heures de séjour dans l'eau, ou d'asphyxie par toute autre cause, la mort n'est pas toujours certaine. La couleur rouge, violette ou noire du visage, son apparence livide, la suspension de la circulation et de la respiration, le refroidissement du corps, ne sont pas toujours des signes infaillibles de mort. On doit donc prodiguer les soins les plus empressés et les plus persévérants à un asphyxié, à moins qu'on ne reconnaisse chez lui des signes certains de la mort. (Voir Constatation de la mort.)

Chaque famille aisée qui habite la campagne devrait posséder une boîte de secours, car les instruments et les médicaments qu'elle renferme peuvent servir à rappeler à la vie tous les asphyxiés, quelle que soit la cause de l'accident.

Il y a plusieurs sortes d'asphyxie.

Asphyxiés par submersion, ou noyés.

Dès qu'un accident de submersion est signalé, on retire tout d'abord de l'eau le noyé, sans attendre l'arrivée des agents de l'autorité, on écarte la foule inutile qui souvent se presse autour de lui (six personnes au plus sont suffisantes pour lui donner des soins), et on envoie immédiatement chercher un médecin.

Il faut surtout s'opposer énergiquement à ce qu'on place le noyé la tête en bas et les pieds en l'air : on aggrave son état par ce procédé barbare, capable à lui seul de donner la mort. Un noyé ne meurt pas parce qu'il a avalé de l'eau, mais parce qu'il a été asphyxié, c'est-à-dire privé d'air; d'ailleurs la suspension du noyé la tête en bas n'aurait pas pour résultat de lui faire rejeter l'eau, s'il en avait avalé.

S'il est privé de mouvement et de sentiment, on tourne son corps sur le côté et on lui fait pencher légèrement la tête, en lui soutenant le front avec la main; on entr'ouvre ses lèvres et on écarte ses mâchoires pour faciliter la sortie de l'eau et des muco-sités qui peuvent se trouver dans la bouche et dans le nez.

Dès qu'elles sont expulsées, on place le noyé sur le dos, mais la tête élevée. S'il est nu, on l'enveloppé dans une couverture de laine ou dans des vêtements très chauds; si l'on ne peut s'en procurer immédiatement, il faut que les personnes présentes se dépouillent de leurs habits pour l'en couvrir. Si l'on est près d'un hôpital, on y porte le noyé, parce qu'il pourra y recevoir plus complètement les soins qui peuvent le rappeler à la vie; en tout