Enfin, lorsque la vie est rétablie, il faut, après avoir bien essuyé le malade, le coucher dans un lit bassiné et lui administrer des lavements avec de l'eau tiède et deux cuillerées de vinaigre; on peut ensuite donner un lavement avec une forte solution de sel de cuisine.

Asphyxie par le froid.

On enveloppe l'asphyxié, la tête exceptée, dans une couverture de laine, et on le transporte dans un lieu commode, mais dont on laisse la porte et les fenêtres ouvertes, afin que la température ne soit pas plus élevée que celle de l'air extérieur. On désha-bille l'asphyxié, en coupant ses vêtements, afin d'éviter des ma-nœuvres difficiles et qu'il serait dangereux de prolonger, puis on le met dans un lit non bassiné. Il faut bien se garder d'ap-procher l'asphyxié du feu : il serait irrévocablement perdu.

On prépare un bain avec de l'eau de puits ou avec de l'eau à la température de l'eau de puits. Après avoir placé l'asphyxié dans ce bain et l'y avoir laissé pendant deux ou trois minutes, on verse, du côté des pieds de l'asphyxié, un peu d'eau chaude qu'on agite à mesure qu'on l'y verse. On recommence cette opération de deux en trois minutes pendant trois quarts d'heure, de manière à porter la température du bain à 20 ou 25 degrés de chaleur. Lorsque le pouls est bien ranimé, on peut même porter cette température à 30 degrés.

Pendant que le malade est dans le bain, on lui fait sur le visage de légères aspersions avec l'eau du bain même, et des frictions sur le corps, particulièrement sur les extrémités. Si l'on n'a pas de baignoire, on remplace le bain par des frictions avec des linges imbibés d'eau de puits, et on réitère ces frictions avec persévérance, tout en faisant des aspersions sur le visage de l'asphyxié. Dès que le corps commence à devenir moins raide, on provoque la respiration par des pressions exercées de bas en haut sur la poitrine.

Lorsque l'asphyxié donne signe de vie, on l'essuie avec soin, on le place dans un lit non chauffé, et on fait des frictions sur tout le corps, d'abord avec des linges froids, puis graduellement avec des linges de plus en plus chauds. On chatouille l'intérieur du nez avec une barbe de plume ou de petits rouleaux de papier, imbibés d'alcali volatil étendu de trois fois son volume d'eau. On fait avaler le plus tôt possible à l'asphyxié quelques cuillerées d'eau froide mêlée d'un peu d'eau de mélisse ou d'eau de Co-