C'est une barbarie que de fendre la plante des pieds d'un noyé, comme on le fait quelquefois, pour s'assurer s'il existe encore : il pourrait n'être pas mort et supporter cette douloureuse opération sans donner signe de vie, et, s'il était rappelé à la vie, la blessure grave qu'on lui aurait faite pourrait avoir des suites funestes.

Asphyxie par les gaz méphitiques.

On comprend sous ce nom les asphyxies produites par la vapeur du charbon, par les émanations des fosses d'aisances, par la vapeur des liquides en fermentation.

Ces diverses asphyxies peuvent être également combattues avec

succès par les moyens suivants :

1º On emporte promptement l'asphyxié hors du lieu dont l'air est chargé de vapeurs asphyxiantes, et on l'expose au grand air, assis sur une chaise et maintenu dans cette position par un aide.

2º On le déshabille.

Si l'asphyxie a eu lieu dans une fosse d'aisances, on arrose d'eau chlorurée le corps de l'asphyxié¹.

3º On lui jette avec force de l'eau froide par potée sur le corps, et principalement au visage. Cette opération doit être continuée longtemps.

4º De temps en temps on s'arrête, pour tâcher de provoquer la respiration en comprimant la poitrine à plusieurs reprises de tous côtés, comme il a été dit pour les noyés.

5º Dès que l'asphyxié fait quelques efforts pour respirer, il faut avoir soin que l'eau que l'on continue de lui jeter ne puisse pas entrer dans sa bouche.

6º S'il fait quelques efforts pour vomir, on lui chatouille l'arrière-bouche avec la barbe d'une plume.

7º Dès qu'il peut avaler, on lui fait boire de l'eau vinaigrée.

Il faut d'ailleurs mettre la plus grande célérité dans l'emploi de ces moyens; plus on tarde à y recourir, plus on doit craindre qu'ils ne soient infructueux. On doit persévérer longtemps, parce que la mort peut n'être qu'apparente.

1 L'eau chlorurée est composée de :

Chlorure de chaux sec. . . 30 grammes.

Eau. 1 litre.

On versé sur le chlorure de chaux une petite quantité d'eau pour en faire une sorte-de pâte, puis on le délaye dans une quantité d'eau indiquée; on tire la liqueur à clair, et on la conserve dans des vases de terre ou de grès bien fermés.