s'occupent des travaux intérieurs et préparent tout ce qui pour-

rait entraver le travail en été.

Elles peuvent employer leur soirée à filer, lorsqu'elles n'ont rien de plus utile à faire. On obtiendrait bien plus de fil si on pouvait habituer les servantes à filer au rouet, dans les pays où elles filent au fuseau : on y parviendra facilement en y habituant les jeunes filles; leur exemple sera bientôt suivi. Cependant je ne voudrais pas abandonner entièrement l'usage du fuseau, parce que ce travail peut être fait dans les moments perdus, et a l'avantage de pouvoir être pratiqué partout sans le moindre embarras, aux champs, debout, en marchant.

Les rouets communs, propres à filer du gros fil, valent 4 à 6 francs, et, si l'on en a soin, ils durent plus que la vie d'une femme. C'est une erreur de croire que le fil filé au rouet ne vaut pas celui qui est filé au fuseau. Les rouets d'invention moderne, dont les plus communs ne coûtent que 10 francs, donnent, avec moins de fatigue pour la fileuse, un fil encore meilleur.

On peut, lorsqu'on n'a pas de chanvre à faire filer, faire tricoter les servantes; lorsqu'on a des enfants, on peut faire remonter leurs bas, faire tricoter des chaussettes de laine, etc.

Il faut aussi veiller à ce que les servantes raccommodent leur linge et préparent leurs vêtements d'été, afin qu'elles ne soient pas obligées de s'en occuper dans la belle saison; si l'on n'avait pas cette prévoyance pour elles, elles n'y songeraient pas. Une bonne ménagère doit avoir le même soin pour les vêtements des hommes. Le linge de ménage de la ferme doit être remis en ordre et parfaitement raccommodé.

Les servantes continuent au printemps la plupart des travaux d'hiver. Elles s'occupent de la basse-cour; les volailles ont besoin de plus de soins au printemps que dans toute autre saison.

CHAPITRE II.

MOBILIER DE LA FERME.

Chambres à coucher,

Lits. — Dans une grande partie des provinces de France, on

a conservé l'usage des lits à quenouille et des lits à la duchesse.