peut ensuite, dans certaines circonstances, faire de petites dis-

tributions supplémentaires, qui produisent un excellent effet et

font un bien réel à ceux qui en sont gratifiés. On aura soin de

conserver la meilleure boisson pour le temps des plus rudes tra-

vaux. Lors de la fauchaison, on peut porter la ration à un litre

et demi, mais rarement au delà.

Les heures de repas de la ferme ne peuvent pas toujours être fixées avec la même régularité que celles des repas des maîtres, car ces heures varient selon les saisons et les travaux. En été, les laboureurs font ordinairement le matin un premier repas. Entre onze heures et midi, les travaux des champs étant suspendus, tout le monde se réunit à la ferme pour le dîner. Ce repas, le plus solide de la journée, doit être composé d'une soupe et d'un autre mets. A quatre heures, on fait la collation, repas analogue au déjeuner; dans beaucoup de pays il est composé de salade, de fromage, de fruits ou de lait caillé. Le repas du soir a lieu lorsque tout le monde est rentré au logis; il est ordinairement aussi substantiel que le dîner; c'est le repas le plus gai de la journée; chacun raconte ce qu'il a vu ou ce qu'il a fait. C'est alors aussi qu'on fixe les travaux du lendemain.

Dans la saison où les travaux sont peu actifs, on peut supprimer un repas et faire manger la soupe au déjeuner; dans tous les cas, je crois qu'il vaut mieux donner de la soupe deux fois par jour; il faut, sans hésiter, importer cet excellent aliment dans les pays où il n'est pas encore d'un usage général.

Emploi du temps.

Nous avons dit que le premier talent d'une maîtresse de maison était de savoir bien employer son temps. Ce qui est vrai pour les maîtres l'est aussi pour les domestiques. Outre les soins de la maison et des animaux, qui sont à peu près les mêmes pendant toute l'année, les servantes peuvent accomplir une foule de travaux utiles, mais qui varient selon la saison.

En été, les servantes ont à s'occuper des travaux des champs,

des fenaisons, des moissons, des binages légers, des sarclages

des grains et autres récoltes. Aussi la Providence, par la lon-

gueur des jours, semble-t-elle avoir doublé la vie à l'époque des

grands travaux de la campagne.

En automne, on emploie les servantes à la récolte de plantes sarclées, à cueillir les fruits, à vendanger, etc.

En hiver, le travail du dehors cesse pour les servantes : elles