d'un malade cause toujours dans une maison, ce qui est important lorsqu'on a de nombreux domestiques. J'insiste sur ce point, parce que l'expérience m'en a fait comprendre toute l'utilité.

Nécessité de bien nourrir les domestiques et les ouvriers.

La nourriture des domestiques est l'objet le plus important de la dépense d'un ménage de ferme; on ne peut donc y apporter une attention trop suivie et une économie trop sévère, tout en leur procurant l'abondance qui doit régner dans une maison aisée.

La manière de nourrir les domestiques varie selon la contrée qu'on habite. On doit se conformer à l'usage général et prendre pour exemple les bonnes maisons des environs, en réformant ce qui est contraire à une bonne hygiène.

Il est juste et d'une bonne administration de bien nourrir les domestiques. L'augmentation de dépenses qui en résulte est compensée par la satisfaction de ces bonnes gens, pour qui la reconnaissance est un stimulant puissant au travail; car, il ne faut pas s'abuser, si l'on veut être bien servi, il faut que les domestiques soient bien traités et bien nourris : il faut qu'ils se trouvent mieux chez leur maître, où ils obéissent, que sous leur humble toit, où la liberté est pour eux une précieuse compensation à toutes les privations qu'ils endurent.

On est bien plus en droit d'exiger un bon travail des domestiques lorsqu'ils sont bien traités, bien couchés, tenus proprement et bien nourris, relativement aux ressources du pays et à l'usage général. Je ne partage pas l'opinion des personnes qui croient que cette manière d'agir n'a aucune influence. J'ajoute que la bonne réputation d'une ferme y attire toujours les meilleurs sujets.

J'insiste sur ce point, fort controversé par une foule de maîtres qui disent comme Sganarelle : « Quand je suis soûl, je veux que tout le monde soit content dans ma maison. » Plus la civilisation se développera, plus on sera forcé de bien traiter les gens de service; d'ailleurs c'est un devoir de fraternité, car, s'ils ne sont pas nos égaux dans l'ordre social, ils sont nos égaux devant Dieu.

Repas des domestiques et des ouvriers. — Généralités.

C'est une erreur de croire qu'il y a économie à faire manger aux domestiques du mauvais pain fait avec de la farine peu blutée; loin de là, c'est une cause de perte, car le son ne nourrit presque point l'homme, tandis qu'il peut être employé avec avantage