plus besoin d'être démontré. J'ajoute qu'il est avantageux de

drainer le jardin, même quand la nature du sol ne rend pas

évidente la nécessité du drainage.

Le drainage est une opération qui consiste à creuser dans le sol, à une certaine profondeur et dans le sens des pentes, des tranchées au fond desquelles on place, bout à bout, des tuyaux de terre cuite, qui facilitent l'écoulement des eaux souterraines.

Je n'entrerai pas ici dans des explications sur la manière d'exécuter un drainage; plusieurs excellents ouvrages traitent cette question d'une manière très claire, et on trouve aujourd'hui presque partout des draineurs qui se chargent de faire exécuter ce travail par des ouvriers spéciaux.

On sera tout étonné, lorsque le jardin aura été drainé, de voir telle espèce d'arbre ou de légume, qui y végétaient mal au-paravant, reprendre une végétation vigoureuse.

Il ne faut pas conclure des effets merveilleux du drainage qu'il peut dispenser d'amender et de fumer le sol : ce serait une erreur. Le drainage met la terre dans les conditions les plus propres à profiter des améliorations qu'on lui procure, et il détruit la fâcheuse influence de certains sous-sols sur certaines plantes.

Une maîtresse de maison doit donc faire tout ce qui dépend d'elle pour faire drainer son jardin, et, si le sous-sol permet d'y créer une mare, elle doit diriger les eaux de drainage de façon qu'elles alimentent cette mare, précieuse ressource pendant les sécheresses de l'été.

Défoncements.

Les;labours ont pour but principal de retourner le sol afin de l'ameublir, d'y faire pénétrer de l'air et d'y faire périr les mauvaises herbes. On peut labourer à la bêche, à la pioche ou à la charrue.

Il est rare que le terrain où l'on se propose d'établir un jardin soit généralement assez riche pour recevoir cette destination, s'il n'est considérablement amendé. Le drainage, les labours profonds, surtout ceux qui précèdent l'hiver, les fumures abondantes et les façons ou labours successifs, renouvelés du printemps à l'hiver, finissent toujours par modifier essentiellement la qualité d'un jardin; mais c'est l'affaire du temps. On dit, aux environs de Paris, « qu'il faut sept ans pour faire un bon marais,