développement pour la taille des enfants; on doit donc ne rien négliger pour qu'ils puissent se livrer à un exercice salutaire. Un des plus grands obstacles qui empêchent ce développement d'atteindre toute sa perfection, chez les filles surtout, a été imaginé par la sottise humaine : c'est la manie de serrer les enfants, soit dans un corset, soit dans leurs vêtements. J'éprouve un sentiment douloureux quand je vois une mère emprisonner le corps de son enfant dans un corset et vouloir ainsi réformer les lois de la nature. Lorsqu'un enfant est bien conformé au berceau, il n'y a aucune raison de craindre que son développement s'arrête, et le meilleur moyen de le faire arriver à une croissance régulière est de laisser sa taille et ses membres libres de toute entrave. Je suis loin de prétendre que si l'on suit ce système tous les enfants seront également bien faits : la nature varie les formes de la taille comme les traits du visage. Cette finesse de la taille, qu'une mode aussi contraire aux règles de la beauté qu'à celles de la santé fait désirer si vivement, si on l'obtient en faisant violence aux formes naturelles, je puis certifier que ce ne sera pas impunément, et qu'en s'écartant des vraies règles de la beauté et de la grâce, on court grand risque de troubler la santé d'une jeune fille et de la prédisposer à une foule de maladies dangereuses.

Mères sages, qui portez une tendresse éclairée à ces enfants que vous aimez plus que vous-mêmes et dont l'avenir fait l'objet de vos incessantes préoccupations, ne vous laissez pas aller à cette fatale erreur inventée par l'ignorance et soutenue par le préjugé! laissez croître en liberté, dès leur naissance, ces jeunes plantes que toute entrave étiolerait. Si Dieu a donné à vos enfants une belle conformation, elle n'atteindra sa perfection que grâce à sa liberté; si leur conformation doit s'écarter des règles de la beauté, elle s'en éloignera bien moins si vous ne la faussez pas.

Je ne dis pas qu'il faille, dans tous les cas, abandonner l'enfant à lui-même sans s'occuper du soin de son développement, loin de là; une foule de circonstances, qu'il est impossible de prévoir ou d'apprécier, peuvent venir entraver ce développement. Avant tout il faut chercher à découvrir la cause de ce dérangement; elle peut résider soit dans la manière de coucher l'enfant, soit dans la manière de le vêtir, ou encore dans certaines habitudes, dans l'emploi plus fréquent d'un bras que de l'autre, dans certain jeu ou dans certain travail auquel se livre l'enfant. Il est possible d'ailleurs qu'on ne puisse découvrir cette cause,