à cette température superficielle on s'exposerait à brûler la partie
du corps sur laquelle on appliquerait le cataplasme.
Pose. — Le cataplasme ne doit pas être assez épais pour fatiguer le malade; on le pose du côté où le linge n'est pas replié sur lui-même, et on le couvre à l'extérieur d'un morceau de taffetas ciré ou de caoutchouc; à leur défaut, on peut employer une feuille de chou dont on enlève les côtes; on met le cataplasme dessus un instant avant de le poser, pour échauffer la feuille; on conserve ainsi l'humidité et la chaleur. On fixe le cataplasme avec un mouchoir, une bande ou une serviette.
Une habitude très fâcheuse est d'employer les cataplasmes beaucoup trop chauds; la règle, au contraire, est que, sur une partie enflammée, le cataplasme soit appliqué tiède.
Renouvellement du cataplasme. — Il faut renouveler le cata-
plasme assez souvent pour qu'il ne puisse ni devenir aigre ni
refroidir le malade; dès que le nouveau cataplasme est prêt, on
enlève celui qu'il doit remplacer, et on applique le nouveau
après avoir essuyé avec soin, à l'aide d'un linge fin et chaud, la
partie du corps où il doit être appliqué. Il faut mettre la plus
grande célérité dans cette opération, afin d'éviter au malade
tout refroidissement.
Sinapismes.
Le sinapisme est un cataplasme excitant, dont la base est la farine de moutarde. Autrefois on délayait avec du vinaigre la farine de moutarde; on a reconnu qu'elle agit moins énergiquement et moins vite que si on la délaie avec de l'eau froide. (Voir Bain de pieds sinapisé.) On en forme une bouillie épaisse qu'on étend en couche mince sur un linge. On met ordinairement le sinapisme à nu sur la peau, et on le fixe solidement avec une serviette ou un mouchoir plié en biais. Lorsqu'on l'enlève, il faut essuyer la partie sur laquelle il a été placé; car, s'il restait de la moutarde, elle continuerait à agir, et pourrait occasionner une plaie. On doit éviter avec soin tout refroidissement après l'enlèvement du sinapisme.
L'action du sinapisme doit être surveillée avec le plus grand soin, surtout si les malades ont du délire ou de l'insensibilité; autrement on s'expose à de vastes plaies à la peau. D'ailleurs il y a avantage à ne pas laisser longtemps le sinapisme au même endroit, mais à le promener successivement, de place en place, sur la surface du membre.