Le sinapisme, c'est-à-dire la farine de moutarde pure délayée dans l'eau, ne doit être employé que dans des cas graves, lorsqu'on veut obtenir immédiatement une révulsion énergique. Presque toujours on doit simplement recourir au cataplasme de farine de lin sinapisé, c'est-à-dire au cataplasme ordinaire saupoudré d'un peu de farine de moutarde.

Le sinapisme peut être remplacé avec avantage par l'application du Rigollot. Cette préparation peut, dans certains cas, avoir une action très heureuse. Elle a sur la moutarde l'avantage d'être d'une application plus facile et d'avoir une action plus sûre, la farine de moutarde étant souvent de mauvaise qualité. On humecte simplement le Rigollot pour s'en servir; on peut employer plusieurs fois la même feuille sans que celle-ci perde sa qualité excitante.

Vésicatoires.

On appelle vésicatoires des topiques qui, appliqués sur la peau, déterminent à sa surface la formation d'une ampoule. On les prépare avec les cantharides, la moutarde, l'euphorbe, etc.

On applique les vésicatoires sous forme d'emplâtres, de cata-

plasmes, ou de taffetas.

Confection. — Après avoir déterminé, avec un patron en papier la dimension du vésicatoire qu'on veut appliquer, on taille un morceau de peau un peu plus grand que le patron; à défaut de peau, on se sert de toile forte ou de calicot neuf. On présente au feu un bâton de pommade à vésicatoire; lorsqu'il est ramolli, on en coupe, à l'aide d'une spatule, un fragment que l'on étend bien également sur le morceau de peau ou de toile sans en couvrir entièrement cette toile, dont on laisse les bords libres; on le saupoudre avec de la poudre de mouches cantharides en plus ou moins grande proportion, selon l'ordonnance du médecin.

A défaut de pommade à vésicatoire, on peut étendre sur de la peau ou sur de la toile une pâte de farine épaisse ou du levain de pain qu'on saupoudre de cantharides. Cette espèce de vésicatoire ne colle pas aussi bien à la peau, et il faut le bander un peu plus serré que le vésicatoire ordinaire, de peur qu'il ne glisse et que son action vésicante ne s'exerce sur une partie du corps autre que celle où le médecin avait prescrit de le placer. Ce procédé n'a pas une action certaine.