propos, peuvent contribuer à sauver une récolte exposée aux dangers d'un mauvais temps, tout au moins accélérer un travail qui ne peut jamais l'être trop.
Au temps de la moisson, des vendanges, sa présence et sa surveillance ne seront pas moins utiles. Elle veillera à ce que les moissonneurs coupent les grains avec soin et ne laissent pas par terre des épis, par négligence, en liant les gerbes. Ils y ont quelquefois intérêt, parce que leurs femmes et leurs enfants sont au nombre des glaneurs. Quelques épis, restés à la place de chaque javelle, forment, à la fin de la moisson, une quantité plus considérable qu'on ne pourrait le penser. Il en est de même pour la vendange, où les grappes et même les ceps oubliés sont un véritable déficit à la récolte.
Elle ne saurait aussi apporter trop d'activité à ce que les manipulations pour la confection du vin soient faites avec propreté; en général, les gens qui s'occupent de ce travail considèrent la propreté comme tout à fait superflue, disant que la fermentation purifie tout. Mais, outre le dégoût qu'on éprouve de la malpropreté, elle peut altérer la qualité du vin.
Il est encore du domaine de la ménagère de surveiller la récolte et la conservation des racines qui doivent être employées à la nourriture de son bétail; la rentrée des légumes d'hiver, qu'une gelée inattendue peut endommager et perdre; celle des légumes secs d'été, à mesure qu'ils mûrissent; la cueillette, la conservation, la visite, la vente ou la distribution des fruits, des noix, des châtaignes, etc. Enfin, son œil vigilant et protecteur doit se porter partout, et alors elle aura accompli une des plus douces et des plus utiles tâches qui soient le partage d'une bonne mère de famille et d'une ménagère agricole. Elle ressentira une satisfaction intérieure qui contribuera largement à son bonheur.
Je m'arrête. Cet ouvrage, je le sais, est bien loin d'être com-
plet; mais j'ai la conscience de n'avoir rien négligé pour le rendre
utile ; et l'intelligence de mes lectrices suppléera à ce qu'il laisse
à désirer. Si j'ai pu leur faire comprendre le charme de la vie
des champs et le bonheur que donne l'emploi utile de la vie, mon
but est atteint et je m'estime heureuse.