Oranger et Citronnier.

ORANGER. — Cet arbre magnifique est devenu l'ornement de tous les jardins du monde, soit en pleine terre dans le midi de l'Europe, soit en pot ou en caisse sous les climats froids et tempérés. La lenteur de sa croissance, lorsqu'il n'est pas en pleine terre, ne l'empêche pas de se parer de ses charmantes fleurs et de ses beaux fruits. Les uns et les autres exhalent des parfums délicieux.

Les espèces d'orangers les plus cultivées sont l'oranger proprement dit, le bigaradier, le limonier ou citronnier, et le cédratier; les fleurs de ces différentes variétés peuvent être employées aux mêmes usages. L'oranger chinois est un petit arbuste à petites feuilles, et à petits fruits, qu'on fait confire.

CULTURE. — La culture de l'oranger, bien qu'elle ne puisse réussir que grâce à des soins assidus, peut cependant être pratiquée à très peu de frais; on peut élever soi-même et obtenir des sujets de semis, qu'on greffe des meilleures espèces. Ils périssent très difficilement et languissent longtemps avant de mourir. Les orangers sont vendus en pot, en caisse ou en motte.

Terre qui convient à l'oranger. — On employait autrefois comme terre à oranger un compost très compliqué; aujourd'hui on se borne à mêler à une terre franche de potager un tiers de bon terreau. On peut aussi y ajouter quelques portions de vieille terre de bruyère. Dans cette terre, beaucoup plus légère que celle qu'on employait précédemment, les orangers végètent mieux et fleurissent avec plus d'abondance.

Soins à donner aux orangers qui ont voyagé. — On achète ordinairement les orangers en caisse, mais les Génois et les Provençaux expédient des orangers tout greffés, dont la racine est entourée de petites mottes contenues dans de la mousse; ils arrivent souvent en mauvais état. Lorsqu'ils ont beaucoup souffert, quelques heures d'immersion dans l'eau, un nettoyage des racines et un rempotage fait comme je l'ai indiqué, puis la privation d'air et de lumière pendant une quinzaine de jours, dans un local chaud, constituent le seul traitement qui puisse les sauver.

Mise en caisse. — L'oranger réussit mieux en caisse qu'en pot, mais il faut toujours proportionner la grandeur de la caisse à celle de la tête de l'oranger; ce serait une erreur de croire qu'en donnant une très grande caisse à un petit oranger on hâterait sa croissance; la caisse, au contraire, doit être plutôt petite que grande.