Taille. — La taille de l'oranger peut avoir un double but, soit de lui donner une belle forme bien arrondie, sans raideur, soit d'obtenir des fleurs abondantes; cependant la production exagérée des fleurs détruit l'harmonie de ses formes; il faut donc chercher à trouver un juste milieu.
On ne peut placer les orangers à l'air libre sous le climat de Paris que vers le 10 ou le 15 mai. Au moment où les orangers doivent être enlevés de l'orangerie, on raccourcit avec la serpette les branches qui se seraient trop élancées, en les rabattant sur une bifurcation; on retranche celles qui, ayant poussé dans l'intérieur, pourraient intercepter la circulation de l'air; on pince ou on retranche celles qui paraissent souffrir ou sont atteintes de maladie; enfin, les orangers languissants sont rétablis à l'aide d'une taille plus courte.
Arrosements. — On ne doit arroser l'oranger que fort rarement en hiver. Dans son pays natal, il est toujours en végétation; sous notre climat, sa végétation s'arrête à l'entrée de l'hiver; si on l'arrose dans cette saison, il végète; mais n'ayant alors ni air ni soleil, il ne donne qu'une végétation misérable, et souffre ensuite pendant plusieurs années. Durant tout l'été, surtout au moment de la floraison, l'oranger doit être arrosé tous les trois ou quatre jours; une fois sur deux il faut que l'arrosement traverse la terre de la caisse.
Soins à donner pendant l'hiver. — L'oranger doit être rentré avant les gelées, du 1er au 15 octobre; les nuits froides lui font plus de mal que la gelée. Durant l'hiver, il faut lui donner de l'air chaque fois que le temps le permet, et à l'heure où le soleil est dans sa plus grande force. On conserve assez bien cet arbre dans une chambre où l'on ne couche pas et que l'on n'habite pas continuellement; il suffit d'y faire du feu quand le thermomètre descend à 2 degrés au-dessous de zéro; mais, dans une chambre constamment habitée, l'oranger souffre beaucoup.
En sortant les orangers de la serre, on bine la terre à la surface de la caisse, et on la couvre de crottin de cheval ou de fumier bien consommé. On ne doit jamais laisser croître une herbe ni une plante étrangère dans la caisse d'un oranger.
Fructification. — C'est une grande faute de laisser aux orangers une grande quantité d'oranges, comme on le fait souvent : cette production les fatigue beaucoup et nuit à la floraison de l'année suivante. Un ou deux fruits suffisent sur un oranger de moyenne taille, et il ne faut jamais dépasser le nombre de