tation est admirable tant par sa vigueur que par la richesse de son feuillage et la bonne qualité de son bois, peut être cultivé dans des parcelles de terre isolées, sur des coteaux rapides, bien qu'il prospère encore mieux dans des terrains favorables à d'autres cultures. Il peut être planté avec avantage sur des jets de fossés, pour border des routes ou des chemins; formé en têtard comme l'ormeau ou le chêne, et après qu'on a employé, pendant plusieurs années, son riche feuillage à la nourriture des vers à soie, il donne, dans le même nombre d'années que les autres essences d'arbres, du bois de chauffage excellent.

Le mûrier ne souffre que fort peu du dépouillement des feuilles, ce qui au contraire ferait un tort considérable aux autres espèces d'arbres; sa culture est facile et ne demande pas à beaucoup près autant de soins que celle de la vigne ou des arbres fruitiers, mais je dois renvoyer, pour ce sujet, aux ouvrages spéciaux.

Éducation du ver à soie.

Le ver à soie, originaire de la Chine, a été importé en France vers le quinzième siècle. On s'est d'abord occupé de son éducation dans le midi de la France, puis en Touraine, et, depuis une trentaine d'années environ, elle s'est répandue dans un assez grand nombre de départements du Centre et de l'Est.

Variétés. — Il y en a deux variétés principales, l'une qui produit des cocons jaunes et l'autre qui les produit blancs; puis dans ces deux variétés principales on distingue un grand nombre de sous-variétés. Des personnes éclairées, s'étant vouées à l'étude du précieux insecte, ont apporté des améliorations notables dans les soins de son élevage.

Transformations successives du ver à soie. — Je ne m'étendrai pas sur la physiologie du ver à soie. Pour parcourir son existence complète, il passe par quatre états différents, qui sont : 1º l'état d'œufs, qui est le sommeil; 2º celui de ver ou chenille, qui est la phase de l'alimentation; 3º celui de chrysalide, pendant lequel il est enfermé dans son cocon; 4º l'état de papillon, qui est l'animal parfait et qui, après l'accouplement des deux sexes, produit l'œuf.

L'œuf du ver à soie, que l'on nomme aussi graine, se conserve tout l'hiver sans difficulté, à l'état de nature, dans les pays dont il est originaire; il éclôt aux premières chaleurs du printemps,