que ses membres semblent agir avec des ressorts, il faut le mettre au pas et gagner un endroit où on puisse le faire saigner; puis on le remet en route, toujours au pas, jusqu'au but du voyage, et on appelle un vétérinaire et non un maréchal ferrant. Il or-donne le traitement à suivre selon l'état de la bête.

Lorsqu'on fait une marche très longue et très pénible de plusieurs jours, on peut donner au cheval autant d'avoine qu'il peut en manger; il sait très bien se rationner et n'est pas exposé à une fourbure, comme dans le cas où on lui donnerait une trop forte ration avant le départ. Alors il mange très peu de foin ; ce-pendant, si le cheval était très gourmand, il faudrait le rationner.

Lorsqu'on part, il faut ménager la marche d'un cheval, le re- tenir même s'il voulait prendre tout de suite son allure ordinaire qu'il force souvent au sortir de l'écurie, après avoir été bien pansé. Peu à peu, on lui fait accélérer sa marche, et au bout d'un ou deux kilomètres, il doit avoir pris toute sa vitesse. Il faut ani- mer un cheval et ne pas lui laisser diminuer la vitesse de son train; mais on ne doit pas le forcer, surtout s'il a à faire une longue course; chaque animal a son train qu'il ne faut pas outre- passer, mais qu'il convient de soutenir.

Dans les descentes, on doit un peu ralentir le train d'un cheval tout en l'animant, afin de le mettre sur ses gardes. Si la descente est très rapide, il convient de le mettre au pas, sans pour cela l'abandonner à sa propre volonté. Dans les montées, si elles sont courtes, on peut ralentir un peu le trot, mais ne pas le cesser; si elles sont longues et surtout rapides, il faut prendre le pas, mais le soutenir en animant le cheval de la voix et même du fouet.

Lorsqu'on conduit, on ne doit jamais laisser flotter les guides d'un cheval à leur gré. L'animal doit toujours sentir qu'il est tenu par son maître; cela lui donne confiance, et d'ailleurs c'est le seul moyen de le soutenir s'il butte et menace de tomber, ce qui peut arriver aux meilleurs chevaux. Il ne faut pas écarter les bras à droite ou à gauche pour tirer les guides lorsqu'on veut aller de l'un ou de l'autre de ces côtés, mais les tirer sur soi-même sans écarter les bras. Pour cela, il ne faut pas tenir les guides avec les bras raccourcis, mais en les allongeant un peu. Les guides se tiennent de la main gauche quand on conduit d'une seule main, l'index entre les guides tenues solidement dans le reste de la main, et le fouet de la main droite. Si on conduit des deux mains, comme il convient de le faire si on a un cheval très vif, on tient le fouet et une guide de la main droite, et lorsqu'on