riture. De là la dégénération des races, des maladies fréquentes et des pertes réelles. Le porc, il est vrai, aime à se vautrer dans les marais, dans les mares, dans les bourbiers, mais c'est pour se rafraîchir, car il a un besoin extrême de bain; c'est aussi pour y chercher des vers et des insectes, dont il est très friand, et nullement par un instinct de malpropreté; car le porc est le seul animal domestique qui, lorsque la disposition de sa porcherie le rend possible, fait ses déjections dans un autre endroit que celui où il se couche et reçoit sa nourriture. Il a besoin, peut être plus encore que tout autre animal, d'avoir une habitation propre et salubre, car il ne la quitte jamais lorsqu'on l'engraisse.
Cour, bassin, fosse à fumier.
En avant du bâtiment de la porcherie on ménage une cour plus ou moins grande, selon l'espace dont on dispose; on la pave et on l'entoure d'un mur de 1m ,30 de hauteur : des murs plus hauts pour une cour étroite peuvent la rendre humide et malsaine.
Il est très avantageux de pratiquer dans la cour un bassin en pente, dans lequel les porcs puissent se baigner. Ce bassin, pavé et cimenté, peut être alimenté soit par un courant d'eau, soit par une gouttière qui y conduit l'eau de pluie tombée sur les bâtiments voisins; dans les temps de sécheresse, on l'alimente à l'aide d'une pompe ou par de l'eau transportée à bras d'homme; les avantages que les porcs en retirent compensent grandement la dépense. Si l'on ne peut établir ce bassin, il faut chercher à habituer les porcs à aller se baigner au dehors une fois par jour; il suffit de les y conduire une ou deux fois, même en les y contraignant; ils y vont ensuite avec empressement.
Dans un coin de la cour, ou mieux en dehors, à l'endroit où s'écoulent les urines, on établit une petite fosse pavée, où l'on dépose chaque jour le fumier qu'on retire des loges. On vide la fosse lorsqu'elle est pleine, pour joindre cet engrais puissant au tas de fumier commun. Le fumier de porc est un engrais énergique.
Il est bon de planter quelques arbres dans la cour, afin de procurer de l'ombre aux porcs. L'arbre que le porc ménage le plus paraît être le sureau ; il pousse vite et donne un bel ombrage sans s'élever beaucoup.