Dans la belle saison, on peut leur donner un repas de four-rages verts; ils mangent fort bien le trèfle, la luzerne tendre, la vesce en vert; ils aiment beaucoup la salade, la chicorée sauvage, que l'on peut cultiver spécialement pour eux. On peut aussi les envoyer au pâturage dans les trèfles, dans les luzernes et dans les champs où, après une récolte tardive, le vent a fait tomber une grande quantité de grains qu'ils ramassent. En automne et en hiver, on peut leur donner deux fois par jour quelques poignées de glands ou de châtaignes. La pomme de terre cuite est leur nourriture par excellence. Il est avantageux de les promener sous les bois de chênes ou de châtaigniers, où ils ramassent tous les fruits tombés. Enfin il est quelquefois profitable de les nourrir de matières animales, telles que résidus de boucherie, chair de cheval, etc.; mais il faut user avec beaucoup de modération de ces aliments, qui donnent à leur chair un goût fort désagréable.

Engraissement.

Lorsqu'on veut que les porcs prennent un grand développement, il ne faut pas leur donner une nourriture trop substantielle; mais, lorsqu'ils ont atteint l'âge où l'on veut les engraisser, on doit changer leur régime. L'âge le plus favorable à l'engraisse-ment est de un an à dix-huit mois pour les races françaises; mais un porc de neuf mois peut déjà être soumis au régime dont je vais parler; sa chair sera plus tendre et plus délicate. Les races anglaises prennent la graisse à tout âge.

Aussitôt qu'un porc est arrivé à un bel état de graisse, il faut l'abattre : le garder plus longtemps est inutile, et l'on s'expose à le voir succomber à la cachexie graisseuse.

Lorsqu'on veut mettre un porc à l'engrais, on l'habitue peu à peu à ne plus sortir, et on augmente graduellement sa nourriture. La plus grande propreté doit régner dans son habitation, qu'il ne doit plus quitter, et une litière abondante et saine doit en couvrir le sol.

On peut engraisser les porcs avec différentes sortes d'aliments : racines, résidus de distilleries, de brasseries, de laiteries, tour- teaux, grains, substances animales, farines, glands, châtai- gnes, etc.

Racines. — L'engraissement avec les racines est le plus usité et le plus convenable. On peut y joindre du son, du grain et des glands.