cependant, dans les premiers jours, on doit leur donner de la

farine de grains communs, comme de l'orge ou du sarrasin

bouillis dans de l'eau, et même du lait si la mère n'est pas très

bonne nourrice. Si le temps est beau, il faut laisser la mère et

ses petits en liberté dans la cour, afin qu'ils prennent de l'exer-

cice et s'ébattent tout à leur aise. A l'âge d'un mois, on peut les

conduire dans les champs, soit dans des prairies artificielles, soit

dans des chaumes où ils trouvent des herbes et des graines à

leur convenance.

Sevrage des porcelets. — A deux mois, on peut facilement sevrer les jeunes gorets, en les séparant de leur mère : ils se sèvrent même à peu près seuls, car la mère perd son lait à cette époque. Il faut alors leur donner à manger trois ou quatre fois par jour, tenir leurs auges avec une extrême propreté et n'y laisser jamais ce qui reste du repas précédent. Le lait caillé est un des aliments qui leur conviennent le mieux; on y ajoute du son, des pommes de terre cuites ou d'autres légumes qu'ils aiment beaucoup. On peut aussi leur donner quelques grains ou des légumes crus, parce que la mastication facilite la chute des dents de lait; des fourrages verts et tendres, des feuilles de choux, des salades, leur plaisent aussi beaucoup. Il est bon de les laisser en liberté dans la cour. On doit veiller à ce que les plus faibles ne soient pas maltraités par les plus forts et ne laisser manger les plus forts que lorsque les plus faibles sont repus.

Quelques jours avant le sevrage, il faut faire castrer les por-

celets par un affranchisseur habile.

Si les jeunes porcelets ne sont pas castrés avant le sevrage il faut séparer les mâles des femelles lorsqu'on les a sevrés, parce qu'ils se tourmenteraient les uns les autres, ce qui nuirait à leur croissance.

Nourriture des porcs.

Après le sevrage, les porcs jusqu'au moment où on les mettra à l'engrais, feront trois repas par jour; leur nourriture consiste en lait écrémé, caillé, petit-lait, enfin tout résidu d'une laiterie; en eau grasse de la maison mélangée de tous les déchets de cuisine; en racines cuites et en son, recoupe ou farine d'orge, de sarrasin, d'avoine ou de seigle. Toutes ces nourritures seront mélangées et, si elles sont trop épaisses, on y ajoute une suffisante quantité d'eau, car il faut que leurs aliments soient clairs, pour remplacer la boisson qu'on ne leur donne pas.