le lendemain on met aussi du levain dans la seconde cuve, et l'on fait consommer les aliments de la première en réservant un portion de ces aliments pour servir de levain. Le troisième jour, on met dans la troisième cuve une partie du levain qu'on a réservé, et l'on fait consommer les aliments de la seconde cuve en réservant aussi pour servir de levain une partie des aliments qu'elle contient; après quoi l'on revient à la première cuve, qui désormais, par suite de la réserve qu'on a faite, contient le levain nécessaire.
De cette manière, sans aucune augmentation de travail, on fait manger constamment aux porcs une nourriture fermentée. Mais, lorsqu'on a commencé à les nourrir ainsi, il faut continuer, parce que l'estomac de l'animal, habitué à ce genre d'ali-ments, s'accommoderait mal d'un changement. Il faut donc préparer à l'avance la nourriture et ne jamais attendre qu'elle soit entièrement consommée pour en préparer de nouvelle.
Résidus de brasseries et de distilleries. — Les résidus de bras-
series et de distilleries sont plus favorables aux jeunes porcs de
six à huit mois qu'aux porcs plus âgés. On mélange d'abord les
résidus avec de l'eau, sans quoi l'animal se griserait; il s'habitue
à cette alimentation et on peut supprimer l'eau graduellement.
Quelques engraisseurs donnent aux porcs des résidus tout à fait
chauds, d'autres les donnent complètement froids; jamais il ne
faut employer des résidus aigris.
Un gros porc peut consommer 25 ou 30 kilogrammes de résidus par jour.
Les bénéfices qu'on réalise, grâce à ce mode d'engraissement, sont considérables.
Tourteaux oléagineux. — Les tourteaux oléagineux peuvent aussi servir avec succès à l'engraissement; on les mêle en petites quantités aux autres aliments après les avoir broyés.
Résidus de laiterie. — Les résidus des fromageries, le lait, le beurre, le caillé, sont d'excellents accessoires à ajouter à la nourriture des porcs.
Fèves. — Les fèves conviennent aussi aux porcs, qui les mangent avec voracité. On les fait tremper pendant vingt-quatre heures dans de l'eau, ou bien, après les avoir fait tremper douze heures, on les fait cuire et on en met quelques poignées dans la soupe des porcs.
On doit généralement distribuer les aliments froids; si la saison est très rigoureuse, on peut les donner tièdes.