Le pacage dans les bois n'est guère favorable aux moutons; outre que l'herbe qu'ils y trouvent est peu nourrissante, ils déchirent leurs toisons en passant au milieu des branchages.

Le pacage dans les landes ou terres incultes est insuffisant dans la mauvaise saison, même pour les moutons de taille moyenne; mais il donne une excellente saveur à la viande.

Le pacage dans les terres arables, dans les prairies artificielles et dans les prés fauchés, au bord des chemins, convient beaucoup mieux que le pacage dans les bois et dans les landes; le pacage dans les marécages est le plus mauvais de tous.

Si les parcours sont peu étendus, on peut établir dans des terres de médiocre qualité des pacages permanents, qu'on compose de plantes qui conviennent aux moutons, et qu'on réserve pour les temps où ils ne peuvent plus trouver une nourriture convenable dans leurs pacages ordinaires. La terre, ainsi transformée, sera améliorée par le fumier des moutons, et au bout de quatre ou cinq ans on pourra la mettre en culture.

Les plantes qui, en général, conviennent le mieux pour un

pacage, et dont il faut mélanger les graines lorsqu'on sème, sont

le sainfoin à deux coupes, la lupuline, le trèfle blanc, la pim-

prenelle, la fétuque ovine, le ray-grass; on y ajoute quelque peu

de graine de persil.

On sème ces graines dans une céréale de printemps; l'avoine est la plus convenable; il vaudrait mieux les semer à nu, c'est-à-dire sans céréale, qui absorbe une grande partie de la fertilité de la terre au détriment de l'herbage. La terre doit être préalablement bien préparée, et il faut faire la semaille sur un bon labour. Si le pacage réussit bien, on peut faucher la première coupe de très bonne heure et la conserver pour l'hiver, d'autant mieux qu'à l'époque où elle peut être fauchée les pâturages ordinaires sont très abondants. On ne conduit les moutons sur ce pacage que lorsque la végétation s'y est développée de nouveau.

Fourrages pour l'hiver.

Il faut aussi préparer les fourrages pour l'hiver et pour les temps de pluie, car je ne puis trop recommander d'éviter que le troupeau soit mouillé, surtout lorsque la pluie est froide; cependant il y a moins d'inconvénient à ce qu'il soit mouillé lorsqu'il est logé dans une bergerie aérée et spacieuse que lorsqu'il n'a pour abri qu'une bergerie étroite et infecte, où la chaleur devient intolérable lorsqu'un troupeau y rentre.