Laine.

Tonte. — La tonte est une opération très importante et qui nécessite beaucoup de soin. La manière dont elle est faite et l'époque à laquelle on l'opère ont une grande influence sur la quantité et la qualité de la laine. On ne doit pas faire exécuter la tonte par des personnes inexpérimentées; il faut choisir, parmi les femmes du pays les plus adroites, celles qui ont l'habitude de ce travail, que l'on doit faire exécuter sous ses yeux, recommander souvent aux tondeuses de ne pas se presser, de tondre ras et de ne pas couper la laine trop haut pour la recouper ensuite, car la laine qui provient d'une seconde coupe n'a aucune valeur.

Il faut éviter que les tondeuses, en cherchant à lutter de vi-

tesse, ne tondent mal, ce qui arrive toujours aux plus lentes,

qui veulent faire autant de travail que leurs compagnes les plus

habiles.

Grav. 107. — Forces pour tondre les moutons.

L'époque de la tonte varie selon la saison et la race. En général, les races françaises doivent être tondues plus tôt que la plupart des autres races, parce que, dès la fin d'avril, les moutons perdent leur laine. Elle se fait ordinairement à la fin de mai ou au commencement de juin; on tond les mérinos plus tard; on retarde quelquefois leur tonte jusqu'à la fin de juin.

A cette époque, la laine est très chargée de suint, ce qui est un profit pour le propriétaire, mais non pour l'acheteur. Cependant il ne faut pas attendre que la laine tombe d'elle-même, car alors elle a perdu une partie de sa qualité. On doit tondre par un beau temps, parce que, si le temps est froid ou pluvieux, les moutons peuvent s'enrhumer ou dépérir.

Il faut munir les tondeuses d'instruments bien appropriés à leur travail. Si ce sont des ciseaux, ils doivent être préalablement aiguisés, mais il vaut mieux employer des forces (grav. 107), sorte de ciseaux sans anneaux dont les lames réunies par un ressort se croisent sous la pression de la main. Cet instrument,