Engraissement.

L'engraissement, lorsqu'on est placé dans des conditions favorables, peut devenir une source importante de revenu. Si l'on a pendant l'été d'abondants pâturages dans des lieux humides et fertiles, ou assez de racines et de fourrages pour donner au troupeau une nourriture copieuse pendant l'hiver, on peut non seulement engraisser les moutons de son troupeau, mais encore acheter dans le pays d'autres moutons qu'on engraisse en même temps.

Les races françaises communes ne peuvent être engraisées que vers l'âge de trois à quatre ans. Les races anglaises et la race de la Charmoise sont précoces; elles peuvent être livrées à l'engraissement à l'âge d'un à deux ans.

Il y a un grand avantage à avoir un troupeau formé d'une race qui a beaucoup de précocité, car si l'on peut engraisser à un ou deux ans au lieu d'attendre à trois ou quatre ans, les bénéfices sur l'engraissement se renouvellent deux fois plus souvent et le nombre des bêtes à engraisser peut être augmenté du double puisqu'on n'aura plus à nourrir des animaux qui ne font que croître de deux à quatre ans, en ne donnant pas d'autres produits que la laine, dont le prix a bien diminué depuis les impor-tations considérables qu'on en fait d'Australie.

Il faut, en moyenne, trois à quatre mois pour l'engraisse-

ment complet d'un mouton.

Fumier.

Le fumier d'un troupeau bien soigné et bien nourri est considérable et d'une qualité supérieure à celui des moutons mal soignés; ce revenu seul suffit déjà pour établir une grande compensation avec la dépense qu'exige une bonne nourriture.

Lait.

La brebis donne du lait qui est une ressource précieuse dans les pays méridionaux, où il est difficile d'élever des vaches laitières. On fait avec le lait de brebis un fromage dont j'ai décrit la fabrication à l'article Fromagerie, et dans certains départements on fait prendre le lait au moyen de la présure et il se mange en caillé; c'est un mets fort délicat.