cès contre les brûlures, c'est le phénol sodique de Bobœuf. On le mélange avec deux tiers d'eau, et l'on en imbibe des compresses que l'on applique sur la brûlure, où elles sont maintenues à l'aide d'un bandage; de temps en temps on arrose compresses et bandage avec le phénol coupé d'eau, et l'on peut continuer ce moyen jusqu'à guérison parfaite. L'application du phénol sur la brûlure fait cesser la douleur presque instantanément. Si les brûlures ne sont que légères, le phénol peut être appliqué pur avec un pinceau, sans compresses.
Si la brûlure a eu lieu sur les doigts des mains ou des pieds, il faut les envelopper séparément; faute de ce soin, ils pourraient se prendre l'un à l'autre pendant la cicatrisation.
On peut aussi, dès que la brûlure vient d'avoir lieu, couvrir toute la partie atteinte par la brûlure, et au delà, d'une couche de ouate, appuyer doucement dessus pour qu'elle adhère à toutes les parties brûlées et intercepte parfaitement le contact de l'air, puis on bande la plaie. Dans le premier moment la douleur augmente, mais quelques instants après elle se calme, et chez les enfants l'atroce douleur de la brûlure, accompagnée de cris perçants, est presque toujours suivie d'un sommeil paisible après ce pansement.
Si l'épiderme est détruit ou que les vésicules crèvent, le coton s'imprègne des sérosités qui s'écoulent de la brûlure; il se forme alors une croûte. Le mal se cicatrise dessous avec rapidité, et tout l'appareil tombe en une seule plaque, laissant le même épiderme à nu, sans cicatrice durable. Il suffit de laisser la plaie couverte pendant quelques jours pour donner à la peau le temps de se raffermir.
En été il faut se défier des mouches, qui, attirées par l'odeur de la plaie, pourraient y déposer sous le pansement des œufs imperceptibles.
S'il s'établissait sous le coton une suppuration très abondante, ce qu'on reconnaîtrait facilement au toucher ou à l'inflammation considérable des contours de la brûlure, il faudrait détacher l'appareil à l'aide d'un bain ou de lotions répétées. On panserait alors la plaie avec du cérat, battu avec un peu d'extrait de Saturne, étendu sur de la charpie ou sur du papier brouillard, et à chaque pansement (qui aurait lieu deux fois par jour) on laverait largement la plaie avec de l'eau blanchie par l'extrait de Saturne. D'ailleurs, dans ce cas, les soins d'un médecin sont indispensables.