deaux de son lit fermés de ce côté. On prescrit une infusion pectorale quelconque de mauve, de violette, ou de fleurs de tilleul; et on la fait boire chaude, sucrée avec du sucre, du miel ou de la racine de réglisse; tant que dure la fièvre, on fait observer au malade une diète absolue, et on lui administre des lavements. Si l'éruption tarde à paraître, il faut, outre les infusions chaudes, appliquer des serviettes chaudes sur les membres, sur la poitrine, et les promener sur le corps. C'est au moment de l'éruption que le danger est le plus imminent; si on la laissait rentrer, c'est-à-dire si elle cessait de se développer, le mal serait très grave, et il deviendrait indispensable d'appeler un médecin. L'éruption persiste pendant deux ou trois jours, quelquefois plus; on peut alors rompre un peu la diète, donner du bouillon léger, et, lorsque la fièvre cède, un peu de soupe.
Quand l'épiderme se détache et tombe en petites pellicules, on peut regarder la maladie comme terminée. C'est cependant le moment où elle est contractée le plus facilement par les personnes qui entourent le malade; car elle est essentiellement contagieuse. Le malade n'a plus besoin alors que de se ménager, de manger peu, chose assez difficile à obtenir, parce que l'appétit est souvent très vif, enfin, de ne pas se refroidir, car la seule complication qu'on ait à craindre de la rougeole, c'est la persistance du rhume, dégénérant en fluxion de poitrine.
Il arrive quelquefois que des paysans se mettent des sangsues au début de la maladie, afin, dans leur opinion du moins, de diminuer l'intensité du mal; c'est une faute qu'il ne faut jamais tolérer. Cependant il y a des cas où l'application des sangsues est nécessaire; mais alors la maladie n'a pas suivi son cours ordinaire : il s'est présenté des accidents particuliers, tels que maux de tête insupportables, accompagnés de délire, vomissements, crachement de sang ou oppression violente. Tous ces symptômes sont assez effrayants pour nécessiter la présence d'un médecin.
S
Scarlatine. — La fièvre scarlatine suit à peu près la même marche que la rougeole, mais elle est beaucoup plus grave, et sa durée est plus longue. Elle débute par un violent mal de gorge et une rougeur très vive de la langue; ordinairement au second jour de la maladie apparaît une éruption de petits points rouges, comme si le corps tout entier du malade avait été barbouillé avec