sivement aux adultes, car aux petits enfants il ne faut, en aucun cas, administrer la dose la plus légère de laudanum sans la prescription d'un médecin.

Il y a des rhumes de cerveau qui deviennent chroniques; on

doit les combattre avec persévérance, appliquer sur la poitrine

ou entre les épaules un emplâtre du Pauvre homme; se couvrir

beaucoup les jambes et les pieds, prendre quelquefois de légers

purgatifs, comme de l'eau de Sedlitz, ou 30 grammes de sel de

Glauber ou de sel d'Epsom dans du bouillon aux herbes. Si le

rhume persiste, il est sage de consulter un médecin.

On peut aussi s'administrer le soir des fumigations émollientes, en se plaçant la tête, enveloppée d'une serviette, au-dessus d'un vase contenant une décoction chaude de plantes émollientes; on se couvre ensuite avec soin la tête, et on se met dans le lit ou devant un bon feu.

Rougeole. — Lorsque la rougeole est épidémique et que dans un village presque tous les enfants, et même beaucoup d'adultes, en sont atteints, la plupart des paysans ne veulent point faire appeler le médecin; ils considèrent cette affection comme bénigne, parce que sa durée n'est pas longue. C'est une faute, car la rougeole, lorsqu'elle est intense et mal conduite, peut enlever un malade très rapidement, quelquefois en deux jours. Aussi, lorsque la maladie présente quelque gravité, on doit user de toute son influence sur les malades pour les engager à appeler un médecin. La charité des dames qui habitent la campagne doit se charger de le faire venir pour les malades pauvres, qui ne peuvent ou même ne veulent pas y avoir recours.

La rougeole se manifeste ordinairement par une toux violente, sonore et répétée, le larmoiement des yeux, des éternûments, un grand mal de tête, de la fièvre, souvent accompagnée d'un grand enchifrènement, puis par une éruption, sur toute la surface du corps, d'une foule de petits boutons rouges, peu élevés, et groupés en îlots, que séparent des intervalles où la peau conserve la coloration ordinaire. Il faut mettre tout de suite le malade au lit et le tenir chaudement sans toutefois exciter une transpiration surabondante en exagérant l'épaisseur de ses couvertures, comme on le fait trop souvent. Si la saison est froide, il faut éviter que l'air extérieur frappe le malade; chez les paysans, qui couchent ordinairement au rez-de-chaussée dans une chambre dont la porte est toujours ouverte au dehors, il faut transporter le malade dans une autre chambre, ou tenir les ri-