moyen est excellent. Il réussit encore lorsqu'il survient aux lèvres de petites boursouflures qui crèvent et forment des croûtes. C'est principalement au moment où ces boursouflures apparaissent que le bain prévient leur développement. Le même moyen peut être employé pour les gerçures au nez.
Entorse. — Dans le cas d'entorse, on doit, à moins que la douleur ne disparaisse rapidement, consulter le médecin; car il arrive fréquemment que des fractures ou des luxations sont méconnues, au grand détriment des malades. Dans les cas peu graves, on emploie les remèdes suivants : aussitôt après l'accident, on peut plonger le membre atteint dans de l'eau froide souvent renouvelée, l'y laisser toute une journée et ne l'en retirer que pour le couvrir de compresses d'eau froide. Quelquefois, lorsqu'on suit exactement cette prescription, le mal s'arrête immédia-tement, ou, pour mieux dire, l'inflammation, qui aggrave beaucoup le danger, ne se manifeste pas. Mais ce moyen n'est efficace que s'il est employé à l'instant même où l'accident s'est produit. Il suffit alors, pour éviter des suites fâcheuses, de prendre un repos presque absolu d'abord, puis moins sévère pendant quelques jours. Si ce remède n'a pas réussi, ou si l'on ne peut l'employer, il faut se résigner à un repos complet, couvrir de cataplasmes émollients l'articulation, qui enfle beaucoup, et, si la douleur continue et qu'il se manifeste de la rougeur, y appliquer dix sangsues, laisser couler le sang, puis renouveler les cataplasmes.
Lorsque l'enflure diminue et qu'il n'y a plus de rougeur, on peut arroser les cataplasmes avec de l'extrait de Saturne ou de l'alcool camphré, et même remplacer les cataplasmes par des compresses de baume du Samaritain, qui se compose de vin rouge, de sucre et d'un peu d'huile battus ensemble. Mais ces moyens employés sans le repos seraient à peu près nuls, car l'entorse résulte d'une déchirure des ligaments articulaires, que le temps et le repos peuvent seuls guérir.
Lorsque la douleur a cessé et qu'il ne reste que de la faiblesse, des frictions d'alcool camphré ou d'eau sédative réussissent ordinairement.
Les entorses sont au nombre des maux pour la guérison des-
quels les rhabilleuses ou rebouteuses ont une grande réputation;
elles guérissent les entorses en les touchant seulement. Des cures
aussi faciles n'ont lieu, comme on le pense bien, que lorsque
l'entorse est très légère; c'est encore un préjugé à combattre. Les
paysans, à la moindre torsion d'un membre, croient s'être donné