On découvre la tête du malade, et s'il désire se coucher, on le tient au lit et on lui couvre assez le corps pour qu'il n'ait pas froid, surtout aux pieds. Il est convenable de bassiner le lit, mais seulement à la partie qui correspond aux pieds. Il ne faut pas priver le malade d'air; à cet effet, on tient ouverte la fenêtre de sa chambre, à moins que la température ne soit très froide.

La diète la plus sévère doit être observée; il faut dégager le ventre au moyen d'un lavement, auquel on peut ajouter une cuillerée de sel de cuisine ou une cuillerée de miel; on peut même placer sur la tête et sur le front du malade des compresses d'eau froide souvent renouvelées; enfin on applique aux jambes des cataplasmes sinapisés; on les y laisse peu de temps; puis, une heure ou deux heures plus tard, on place aux pieds de nouveaux cataplasmes sinapisés. Si le malade ne veut pas se coucher, il faut l'engager à sortir pour prendre un exercice modéré; mais il ne faut pas le laisser sortir seul.

Si l'on se trouve dans l'impossibilité de recevoir promptement des secours du médecin, et que l'étourdissement continue ou se renouvelle, il faut appliquer des sangsues à l'anus; mais, je le ré-pète, il ne faut recourir à ce moyen que dans le cas où l'on ne peut faire venir un médecin. Quelquefois les étourdissements, sans être graves, se renouvellent de temps en temps. Si du reste la santé est bonne, on peut combattre le mal et empêcher qu'il ne s'aggrave en donnant, au plus léger indice d'étourdissement, une purgation légère qui peut être simplement 30 grammes de sel d'Epsom fondu dans trois verres de bouillon aux herbes ou simplement de l'eau, pris à la distance d'un quart d'heure les uns des autres. On obtient ainsi quelques selles qui dégagent la tête sans inconvénient pour la santé. Quelquefois ces étourdis-sements sont fréquents; d'autres fois ils cessent sans qu'on sache pourquoi; mais il faut toujours y porter une grande attention : un étourdissement peut être suivi de paralysie.

Évanouissement. — L'évanouissement est la perte complète et ordinairement subite du sentiment et du mouvement, avec diminution considérable des battements du cœur et des mouvements de la respiration. Dans un évanouissement, il faut d'abord dénouer tous les liens des vêtements du malade, sans oublier les jarretières; puis le coucher horizontalement, dût-on l'étendre par terre à défaut de lit. C'est, en effet, un très grand tort d'asseoir les personnes évanouies; cette position prolonge l'évanouissement, tandis qu'il suffit presque toujours de la position