fièvre ne sont pas assez tranchés pour offrir bien nettement le ca-
ractère de la fièvre intermittente.
Le sulfate de quinine a une amertume insupportable; on peut lui donner la forme de pilules afin de rendre son administration moins désagréable et par conséquent plus facile. Il vaut encore mieux cependant l'administrer enveloppé dans un morceau de pain à chanter préalablement mouillé : il n'est pas alors beaucoup plus difficile à avaler qu'en pilule, et il n'arrive pas en masse sur un seul point de l'estomac, parce que la fragile enveloppe qui le recèle se déchire facilement.
Une bonne manière d'avaler le sulfate de quinine est de le dissoudre dans une demi-tasse de café très faible. Le café fait perdre au sulfate de quinine sa détestable saveur.
Les doses que je viens d'indiquer, versées dans un demi-lavement, auquel on ajoute deux ou trois gouttes de laudanum pour un enfant et quatre ou cinq gouttes pour un adulte, coupent également la fièvre.
Pour les enfants très jeunes, on peut employer le sulfate de quinine sous la forme d'une pommade composée de 2 grammes de sulfate de quinine et de 16 grammes de graisse douce; on en fait des frictions deux fois par jour sous les aisselles, aux poignets et au creux de l'estomac. On cesse les frictions pendant la fièvre, car, sous quelque forme qu'on l'administré, ce médicament n'agit point lorsqu'il est pris pendant l'accès.
Le sulfate de quinine agit souvent beaucoup plus efficacement quand il est dissous dans quelques gouttes de jus de citron, ce qui en diminue le volume. Pour faire cette préparation, on place le sulfate de quinine à l'extrémité d'une cuiller; puis on presse au-dessus un citron; quatre ou cinq gouttes de jus suffisent pour dissoudre 40 centigrammes. On opère le mélange avec un instrument quelconque; les cristaux du sel se dissolvent et forment une espèce de pâte, qui durcit rapidement; il faut l'administrer avant qu'elle ait pris trop de résistance.
Si, dans un premier accès de fièvre, on voit survenir un délire violent, un assoupissement profond, des convulsions ou tout autre symptôme grave, il faut appeler un médecin, alors même qu'après un certain temps ces symptômes auraient plus ou moins complètement disparu, parce qu'alors la fièvre a de la tendance à revêtir le caractère pernicieux, que la rémission, c'est-à-dire la diminution de la gravité des symptômes, peut être de courte durée, et qu'un second ou un troisième accès peut causer la