Dans une hémorragie causée par un accident quelconque, on
doit bander la plaie comme une saignée, en appliquant dessus
un tampon de linge ou de charpie, exiger le repos, et surtout
calmer l'imagination du malade, car l'agitation morale influe
beaucoup sur la circulation du sang. Si l'hémorragie n'est pas
arrêtée par ce moyen simple, c'est qu'un gros vaisseau est lésé;
il faut alors lier fortement le membre au-dessus de la blessure;
le garrotter, pour ainsi dire; mais cette ligature ne peut être que
provisoire, et ne doit subsister que pendant le temps strictement
nécessaire pour qu'on puisse aller en toute hâte chercher un
chirurgien, car, si on la prolonge trop longtemps elle peut dé-
terminer la gangrène du membre.
Quelques instants après l'extraction d'une dent, s'il se manifeste une hémorragie, il faut rapprocher les bords de l'alvéole avec les doigts, boucher la gencive avec de la cire un peu ramollie par la chaleur, faire peser sur cette cire la dent supérieure ou inférieure, selon la place où la dent a été arrachée, et faire tenir la bouche complètement fermée. S'il s'agit d'un enfant dont on ne puisse pas espérer obtenir cet assujettissement, on fixe la mâchoire inférieure à l'aide d'une mentonnière, c'est-à-dire en passant sous la mâchoire un mouchoir qu'on attache fortement sur la tête. A défaut de cire, on peut superposer plusieurs petits morceaux de coton en poil ou d'amadou, les placer exactement au-dessus du niveau de la couronne des autres dents, puis fixer la mâchoire avec un mouchoir. Il faut veiller aussi à ce que l'enfant ne suce pas le sang qui s'écoule de la gencive, ce qui pourrait faire croire à tort que l'hémorragie a cessé.
Si l'on ne peut, par les moyens ordinaires (amadou, linge brûlé, colophane, alun en poudre, etc.), arrêter le sang qui provient de la piquûre des sangsues, un bon moyen d'y parvenir consiste à faire à la peau un pli comprenant toute la profondeur de la piquûre, et à la tenir légèrement comprimée entre deux doigts pendant une heure et plus, si cela est nécessaire.
Hernie. — On appelle hernie, ou descente, une tumeur formée par la sortie de l'intestin et qui se présente en général à l'aine ou à l'ombilic. Cette tumeur est molle, élastique, et disparaît sous la pression; la peau du ventre qui la recouvre n'est point altérée et ne change point de couleur. Lorsqu'une hernie se manifeste, il faut, pour en obtenir la réduction, faire d'abord coucher le malade, lui soulever les reins en renversant son buste en arrière et lui faire ployer les jambes; on malaxe ensuite lé-