Lorsque les paupières sont très rouges et qu'il s'y établit une légère suppuration, on peut baigner l'œil dans de l'eau de sureau tiède, à laquelle on ajoute une demi-cuillerée d'eau-de-vie par verre. On fait ces lotions au moyen d'une petite éponge très fine ou d'un petit pinceau de linge dont on effile le bout. Je préfère le pinceau, parce qu'on peut étourdiment se servir de l'éponge pour un autre malade; et que les ophthalmies, même lorsqu'elles paraissent légères, sont souvent contagieuses.
Si le bord des paupières est rouge, enflammé, garni de croûtes, on y applique le soir un cataplasme de riz bien cuit et réduit en bouillie. On place le cataplasme entre deux linges [très fins, on l'applique sur les deux yeux et on les bande, lors même qu'un seul œil serait malade, parce que le mouvement de l'œil sain, déterminant le mouvement de l'œil malade, lui causerait un frottement et une fatigue qui retarderaient la guérison. Lorsqu'on lève le cataplasme, il faut laver l'œil avec de l'eau tiède et le tenir couvert quelque temps encore avec du linge sec et doux avant de l'exposer au contact de l'air.
On peut aussi faire prendre au malade des bains de pieds sinapisés et des lavements composés d'eau et d'une cuillerée de sel de cuisine. Si le malade n'a pas une disposition particulière aux inflammations gastriques, on peut administrer 30 grammes de sel d'Epsom ou de Glauber dans quelques tasses de bouillon aux herbes.
Une solution très légère de sulfate de zinc, qui forme la base de presque tous les collyres ordonnés par les médecins, peut aussi avoir d'excellents résultats dans les maux d'yeux; il suffit d'en mettre gros comme la moitié d'un pois moyen dans un verre d'eau. On emploie ce collyre en en versant deux ou trois gouttes dans l'œil entre les paupières maintenues ouvertes par la main d'un aide.
Si, malgré l'emploi de ces moyens, le mal ne disparaît pas,
c'est qu'il est déterminé par une autre affection; il faut alors
appeler un médecin et lui dire à quels moyens curatifs on a eu
recours.
Oreille (Douleurs d'). — C'est un mal affreux, qui se mani-
feste souvent tout à coup, sans qu'on en connaisse la cause; il
est dû parfois à un petit abcès dans le conduit de l'oreille, et
devient intolérable.
Dans le premier cas, l'introduction dans l'oreille d'un morceau de coton imbibé de laudanum peut apporter du soulagement, de