ne le croit. Une foule de mères sont si préoccupées du mal que
les vers peuvent occasionner à leurs enfants, qu'elles leur font
prendre un vermifuge sans penser à constater les symptômes qui
peuvent faire croire qu'ils ont des vers. D'autres mères attribuent
aux vers tous les maux qui attaquent l'enfance. Je ne puis assez
dire que c'est une erreur grossière, un véritable préjugé. Il y a
folie à donner un vermifuge à un enfant bien portant, et témérité
à le lui administer quand il n'y a pas de graves raisons de croire
que ce sont les vers qui causent son état maladif.
Il arrive souvent qu'un enfant rend des vers. S'ils sont morts et que l'enfant se porte bien, il est possible qu'il n'en ait pas d'autres; s'ils sont vivants, il est plus probable qu'il en existe encore; mais, au lieu de lui donner tout de suite un vermifuge, il vaut mieux lui faire prendre des bains et une nourriture rafraîchissante. A moins de cas exceptionnels, les vers ne se produisent pas en assez grand nombre dans les intestins d'un enfant pour le rendre malade, si les intestins ne sont pas irrités. Or, s'il est reconnu qu'ils sont déjà irrités, en guérissant l'irritation on met promptement un terme à la vie et à la reproduction des vers. Si, au lieu de cela, on donne un vermifuge, toujours purgatif, et par conséquent irritant, on détruit quelques vers, mais on aggrave la cause qui les a fait naître. Donc, avant d'administrer un vermifuge à un enfant, il faut lui faire suivre le régime que je viens d'indiquer, puis lui donner un peu de calomel en poudre, dans de l'eau ou de la confiture, ou en petites dragées. Deux à quatre dragées, selon l'âge de l'enfant, prises à jeun, le matin, pendant deux ou trois jours de suite, détruiront les vers. Si la première dose n'a pas déterminé plusieurs selles, une petite tasse de décoction de mousse de Corse ou d'absinthe marine, coupée avec du lait, prise pendant deux ou trois jours le matin, produira le même effet; on peut prescrire jusqu'à deux petites tasses si l'enfant a six ans. Il est peut-être plus sage de donner tout simplement aux enfants, deux ou trois matins de suite, une petite décoction de semen-contra. Enfin, si malgré ce traitement l'enfant éprouve encore les mêmes symptômes, il faut appeler un médecin.
Les fruits, les fécules, le laitage, la nourriture émolliente, en-
gendrent constamment, chez les enfants qui en font abus, les vers
lombrics intestinaux. Les viandes faites et rôties, le café noir,
le quinquina, le vin, détruisent les lombrics.
Vomissement.— Le vomissement est presque toujours précédé par des nausées ou maux de cœur. On parvient souvent à