ou d'une bordure d'indienne de couleur gaie, conviendra pour l'été. L'hiver, on la remplacera par des rideaux de calicot. On fait de fort jolies indiennes imprimées qui pour- raient s'employer en draperie si on en voulait absolument.

Un papier uni ou à petit dessin, de couleur claire et solide, me paraît préférable à ces tapisseries bigarrées et à grands ramages qui, perdant leurs couleurs et passant de mode promptement, doivent être renouvelées souvent; à la campagne, on a des moyens plus agréables et plus profitables d'employer son argent.

La pierre de taille en tuf est à bon marché dans le pays que j'habite, le Poitou. J'ai fait faire, pour placer dans les angles de mon salon, deux colonnes tronquées de 1 mètre 33 centimètres de haut sur 33 centimètres de diamètre; le socle est carré et entouré à sa base d'une plinthe parcille à celle de l'appartement, afin d'éviter le choc des balais. J'ai posé sur ces colonnes deux bustes de famille qui peuvent être remplacés par des statuettes en plâtre représentant quelques-uns de ces beaux modèles de l'antiquité qui reposent si délicieusement la vue et coûtent peu d'argent. Je ferai encore à ce sujet ressortir le mauvais goût de certaines personnes qui achètent des bons-hommes de plâtre, aussi monstrueux par le choix des objets qu'ils représentent que par leur exécution, et qui coûtent aussi cher que les jolies statuettes dont je viens de parler.

Quelques tabourets de paille tout simplement sont indispensables dans le salon; il faut toujours songer aux pieds crottés à la campagne, et il est impossible de les empêcher de pénétrer dans le salon.

Il serait beaucoup mieux ou du moins plus agréable que le salon fût parqueté; mais le parquet a ses inconvénients à la campagne dans une pièce au rez-de-chaussée, lorsque la famille est nombreuse; d'abord, il est presque impossible de le cirer, cet entretien serait trop pénible; il faudrait donc se résigner à l'avoir toujours sale, à moins d'avoir un domestique mâle particulièrement chargé de ce service, ce qui me paraît s'éloigner un peu de l'économie que je ne puis