Pâture au piquet. — Chaque bête, attachée à un piquet par une

corde longue de 3 mètres, ne peut brouter que l'espace que la

longueur de la corde lui permet d'atteindre. On avance successi-

vement en enfonçant le piquet de 50 centimètres plus loin. De

cette manière on n'abandonne à la fois aux bêtes qu'un petit es-

pace; elles peuvent pâturer les trèfles sans craindre la météori-

sation, et on évite les inconvénients du pâturage ordinaire, où

les bêtes, par leur fiente, et en piétinant tout l'espace qu'on est

forcé de leur laisser libre, gâtent une grande quantité d'herbe.

Importance de la régularité des repas. — La variété des aliments et la régularité des repas de la vache nourrie à l'étable sont d'excellentes conditions de bonne santé. Tous les animaux se familiarisent promptement avec les habitudes qu'on leur fait prendre. Le manque d'exactitude les impatiente et les fait souffrir. La vache laitière qui est agitée par le retard apporté dans la distribution de ses aliments donne moins de lait à la traite prochaine.

Rations. — D'après M. Villeroy, qu'il faut toujours citer lors-

qu'on traite de la vacherie, la quantité de nourriture nécessaire

à une vache laitière est, en foin, de 5 pour 100 de son poids vif;

par conséquent, il faut donner, chaque jour, 15 kilogrammes de

foin sec ou l'équivalent à une vache pesant 300 kilogrammes.

Mais ce calcul est purement théorique et ne peut guère être appli-

qué dans la pratique. La ration peut être beaucoup moindre si

les aliments sont de très bonne qualité.

Choix des aliments.

Nourriture sèche. — Quand ils sont donnés sans mélange, les aliments secs, foins ou pailles, nourrissent mal et ne fournissent pas en quantité suffisante aux organes les éléments propres à la composition du lait ou de la graisse; les bêtes sont constipées, leur poil est terne, sec, comme brûlé, le lait est peu abondant, et le beurre qu'on obtient est d'un goût peu agréable et d'une conservation difficile. Il est donc utile, lorsque les vaches sont nourries, l'hiver, aux fourrages secs, d'ajouter à la ration quelques aliments aqueux, comme du son frisé, de la drêche, des racines, des feuilles de choux et surtout des soupes composées de racines cuites à l'eau ou à la vapeur avec des fourrages hachés et que l'on mélange ensuite avec du son, des recoupes et un peu d'eau. Cette alimentation favorise beaucoup la production du lait.

Nourriture verte. — Les plantes vertes, au printemps, pendant tout l'été et à l'automne, les racines pendant le reste de l'année,