tances égales, d'ailleurs, certaines vaches donnent moitié plus
ou moitié moins de lait que d'autres. Dans ce dernier cas, les
vaches qui produisent le moins de lait payent quelquefois une
partie de leur nourriture en accroissement de viande; mais la
spéculation n'est plus la même et le but est manqué lorsque,
cherchant la production du lait, on obtient un engraissement.
Ces différences constituent des aptitudes diverses : il est très
intéressant et très utile à la fois de pouvoir connaître et me-
surer en quelque sorte à l'avance, chez les bêtes dont on fait
choix, celle des facultés qui leur est propre et qui répond le
mieux au but qu'on se propose.
La qualité laitière de la vache est révélée par des conditions de forme, dont les signes ont pu être déterminés avec quelque précision. Ces signes sont généraux ou locaux.
Caractères d'une bonne vache laitière.
Les signes généraux qui offrent le plus de certitude sont fournis par l'ensemble et par la physionomie de la bête. En dehors des caractères de race, la vache est réputée bonne quand son regard est doux, quand elle se laisse facilement approcher et manier et qu'elle cherche même les caresses. La vache laitière n'a pas les contours pleins et gracieux de la bête apte à l'engraissement; elle est osseuse (grav. 89), et cette forme générale augmente avec l'âge. La lactation abondante épuise sa constitution; les os paraissent en saillie; les cavités intérieures, surtout celles de la poitrine, deviennent plus étroites, les muscles plus minces. On trouve ces bêtes laides et décharnées, mais leur apparente maigreur est due à leurs qualités laitières. Une maîtresse de maison commettrait une grave erreur si elle leur préférait de belles vaches, larges, grasses et potelées, dont les mamelles, quoique développées, sont paresseuses et fonctionnent mal, mais dont l'aptitude est de transformer en chair la nourriture qu'elles ne peuvent pas convertir en lait ou en beurre.
Quand on ne renouvelle pas les vaches de son étable au moyen de l'élevage, on est moins sujet à se tromper dans le choix des vaches en les achetant à l'âge de 7, 8 ou 9 ans, ou bien en ache-tant une jeune bête pleine pour la première fois. On vend rare-ment les vaches bonnes latières d'un âge moyen, parce que c'est celui où elles donnent le plus de lait.
Le pis, étant l'organe qui produit le lait, doit attirer surtout l'attention dans l'examen d'une vache laitière. Il doit être large,