Selon l'usage du pays, au bout de cinq à sept semaines d'allai-

tement, le veau peut être vendu au boucher. Pour l'enlever à

sa mère, il faut prendre certaines précautions, car l'amour ma-

ternel est quelquefois si développé chez certaines vaches, que

l'enlèvement de leur enfant, en leur présence, leur cause un dé-

sespoir qui pourrait être dangereux pour quelques-unes.

Si le veau est destiné à faire un élève, on doit continuer à le faire teter trois fois par jour; mais il faut alors augmenter son alimentation, soit en lui donnant une seconde vache à teter, soit en lui faisant prendre au baquet des boissons composées de lait écrémé et de farine d'orge, d'avoine ou de fèves. On lui présentera des fourrages secs de très bonne qualité, comme de très bon foin et des regains de luzerne, de trèfle ou de sainfoin, qu'il préférera d'abord aux fourrages verts qu'on devra lui donner ensuite; on lui fait aussi avaler chaque jour quelques fèves sèches qu'il digérera parfaitement.

Le sevrage a lieu à divers âges; mais un veau qui tette long-

temps est toujours plus beau que celui que l'on sèvre jeune; dans

tous les cas, il ne peut être sevré avant qu'il ait atteint l'âge de

trois mois. En perdant le lait de sa mère, le veau demande de

grands soins, car le sevrage est toujours difficile et il en souffre

souvent; aussi sa nourriture devra être de premier choix et tou-

jours très abondante. Il peut aller pâturer, ce qui lui fait grand

bien en lui faisant prendre de l'exercice.

Élevage au baquet. — L'allaitement au baquet est une excel-

lente manière d'élever les veaux, surtout pour ceux que l'on des-

tine à faire des vaches, des taureaux ou des bœufs, parce que le

sevrage se fait graduellement et à mesure que le petit animal

mange de plus en plus, ce qui fait qu'il n'en souffre pas.

Aussitôt que le veau vient de naître, on l'éloigne de sa mère avant même qu'elle l'ait vu; on ne le lui laisse donc pas lécher. On peut le laver avec de l'eau tiède sans que ce soit indispensable, mais il faut l'essuyer, le sécher et le couvrir même s'il fait froid. Le premier lait qu'il doit boire est celui de sa mère; il lui est nécessaire comme purgatif, ainsi que je l'ai dit plus haut, pour chasser les matières contenues dans ses intestins. Pour lui apprendre à boire, on se sert d'un baquet de bois, de huit à dix litres, dans lequel on met le lait qu'on a trait de sa mère; pour cela il faut être deux personnes : l'une tient le veau; l'autre lui met deux doigts de la main droite dans la bouche, et, de la main gauche, lui appuie sur la tête de manière à lui plonger le museau